Le metal c’est quelque chose quand même ! Je ne suis pas du genre à critiquer les clichés de mon genre de prédilection mais il faut avouer que des fois on a bien l’occasion de rire !
Prenons Balrog, projet solo de l’ex-chanteur/guitariste de Garwall, pour lequel il s’est adjoint les services de Olivia Scenama (elle aussi ex-Garwall) et de deux Misanthropes. A priori, nous voilà en présence de musiciens issus de groupes possédant une certaine ampleur sur la scène extrême française. Bien sur les fans de Kristallnacht pourront toujours crier ‘TRENDS !’ mais je suis de ceux qui ont été déçus par le départ du chanteur de Garwall et je considère Misanthrope comme un groupe plutôt sympathique.
Bref, on est en droit de s’attendre à quelque chose de bon et lorsque le produit de cette collaboration s’avère être un vulgaire album de war black présentant les plus beaux clichés du genre (Bestial Satanic Terror ? Mouarf !) nous voilà tout confus.
Apparemment très inspiré par Marduk et autres Dark Funeral, Balrog s’efforce de délivrer l’habituel cordon de titres black bien speedy avec production proprette et paroles clichesques au rendez vous. Mon Dieu mais quelle platitude !
L’un des éléments qui faisait tout l’intérêt de Garwall période Balrog, c’était bien sur l’aspect virtuose qui se présentait sous la forme de riffs complexes et de solos de haute volée. Sauf que Christophe Cervo n’est plus là pour s’assurer des leads et les titres de Bestial Satanic Terror s’en retrouvent d’autant plus linéaires. Il n’y a guère que sur « Through The Eyes Of The Beast » que l’on retrouve une étincelle de folie. De même la basse d’Olivia Scenama, bien qu’audible est loin d’être aussi impressionnante que sur Black Beast.
Mais à quoi bon comparer Balrog et Garwall me direz vous ? Evidemment cela ne sert à rien mais face à un tel bloc de black/death soporifique, comment ne pas chercher à se remémorer les grands moments du groupe dont deux des géniteurs sont issus ?
Au moins nous aura-t-on épargné la pochette gore/anti-chrétienne qui n’aurait fait que s’ajouter à la liste des clichés concentrés dans Bestial Satanic Terror (quoique celle-ci est décidément trop Dimmu Borgir-esque pour mes goûts…).
On sent que l’ami Balrog a cherché à créer un album définitif du black/death méchant en concentrant tous les éléments classiques du genre mais au lieu de le sublimer et d’en devenir le parangon, il ne parvient qu’à en créer une vision inintéressante et sans relief.
Même le chant de notre gargouille démoniaque, qu’on avait pourtant connu rempli de fiel, est linéaire au possible.
Au final qu’y a-t-il de vraiment intéressant là dedans ? Pas grand-chose. « Through The Eyes Of The Beast » contient quelques bons moments, « Kindown (Burn Away From Me) » est construit sur des riffs valant le détour. Mais les deux seuls titres vraiment intéressants sont finalement l’intro et l’outro basés sur des mélodies acoustiques envoûtantes qui ne font que mettre en valeur le vide que contient le demi-heure qui les sépare. Triste, mais vrai.
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