 ©Nuclear Blast records
STYLE : Deathcore
DU MÊME ARTISTE :
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All Shall Perish - Awaken The Dreamers - 2008
| 1 | When Life Meant More
| | 2 | Black Gold Reign
| | 3 | Never… Again
| | 4 | The Ones We Left Behind
| | 5 | Awaken The Dreamers
| | 6 | Memories Of A Glass Sanctuary
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| 7 | Stabbing To Purge Dissimilation
| | 8 | Gagged, Bound, Shelved And Forgotten
| | 9 | Until The End
| | 10 | From So Far Away
| | 11 | Misery’s Introduction
| | 12 | Songs For The Damned
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Tout va très vite chez All Shall Perish. Alors que le groupe vient seulement de souffler sa sixième bougie, l'entité Deathcore accouche déjà de son troisième marmot. Il faut bien le dire, on n’y va pas de main morte dans la formation californienne. Après avoir changé de chanteur, puis de guitariste, aujourd'hui les voilà qui changent de style. Enfin presque.
Enfant difforme de la nouvelle scène Metal, le combo californien avoue d'entrée, avec Awaken The Dreamers, son envie d'agrandir son bestiaire. Si, sur les précédents efforts, Hate.Malice.Revenge et The Price Of Existence, le groupe jongle allégrement sur un air de violence entre le Death, le Grind et le Metalcore, désormais All Shall Perish étoffe son panel de nouvelles couleurs : exit le barbouillage teintée de rouge et de noir. Lassé par la tendance du « toujours plus fort, toujours plus brutal » vociféré par la scène Deathcore actuel, la formation décide quand à elle de miser sur le contraste des tons, maîtrisant ainsi ses giclés de violence par d'infimes touches de blancs silencieux ou de verdure Pop teintée d'espoir. A la manière du britannique Francis Bacon - peintre torturé, qui au fil de sa carrière abandonna les représentations de violence crue de ses débuts pour préférer « peindre le cri plutôt que l'horreur », prônant que la violence doit résider dans la peinture elle-même non dans la scène qu'elle montre - le groupe s’émancipe définitivement des étroites frontières d’un style dans lequel on l'avait parqué.
Concrètement, le résultat est aussi difficile à appréhender qu’à décrire sur le papier. Et ce, tant pour les fans du groupe que pour les néophytes du genre. Le pari de renforcer la violence avec des instants bucoliques et des phases de repos forcé n'est pas si inconscient que cela, à condition d'enchaîner le tout sans une faute de mesure. Si l'utilisation de ballades mielleuses, la recherche constante du solo épique ultime ou bien encore l'intronisation de breaks en tout genre: ligne mélodique épurée ou performance vocale solitaire, sont autant d’exemples devenus récurrents. Retrouver ceci sous une bannière plus extrémiste est une chose beaucoup plus ardue à réaliser.
Malgré tout, Awaken The Dreamers reste tout de même un disque agressif. Profondément ancré dans l'univers hybride du Metal et du Hardcore, mais cette fois-ci en plus mélodique. Le préambule "When Life Meant More", déluge de blasts entrecoupés de moshpart, escorté par une alternance voix gutturale / chant hurlé (mêlant empreinte respective de la scène Death Metal et de la scène Hardcore) se place dans l'exacte continuité de l'effort précédent, The Price Of Existence. Cependant, à l'horizon, le règne de l'or noir déverse promptement son afflux de précipitations fortuites. Un déluge, non! Justes quelques perturbations salutaires.
Effectivement, "Black Gold Reign" annonce déjà la nouvelle donne : une rythmique plus lourde, plus précise, plus complexe à l'instar des derniers Meshuggah. Un sens du riffing alambiqué, à la fois complémentaire et opposé aux soli permanents du guitariste Chris Storey, charpentés intégralement en sweeping. Un chant plus varié reprenant à sa guise les timbres familiers du Metal traditionnel. A l’écoute, Eddie Hermida se mue tantôt en chevalier viril aux râles Power Halford-esque, tantôt en crooner désabusé sur la ballade-core aux accents Opethien "Memories Of A Glass Sanctuary". Du reste, All Shall Perish se livre sur cet opus à l'exercice périlleux de l'instrumental et ce pas moins de trois fois, soit sur le quart de l'album. Plaçant méthodiquement deux interludes atmosphériques "The Ones We Left Behind" et "Misery’s Introduction" entre les compositions les plus possédées. Ces véritables ballons d'oxygène, entreposés astucieusement, permettent de reprendre timidement son souffle avant l'affrontement final épique "Songs For The Damned" ou en repose tympans des destructrices "Never… Again", comme du diptyque "Gagged, Bound, Shelved And Forgotten / Until The End".
Loin d'avoir pleinement réussi dans sa périlleuse tentative de diversification, la formation extrême des USA offre une nouvelle alternative aux fans de Deathcore, différente de celle jusqu'alors proposée.
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