Levée de rideau. Pour ce second volet, suite logique du premier et composé en grand partie à la même époque, Tobias a fait appel à la même équipe de protagonistes. Sans surprise donc, l’on retrouve les mêmes ingrédients et on pourrait même s’interroger sur l’utilité d’une chronique. Il y’a néanmoins quelques évolutions qui justifient ces commentaires. Tout d’abord cette suite accueille un nouvel intervenant qui répond au nom de Bob Catley (Magnum). Secundo, ce nouvel opus adopte une coloration plus hard. Tertio, certains intervenants tels que Michael Kiske ou Sharon Den Adel occupent une place moindre dans l’histoire et par conséquent au niveau du chant.
Outre ces remarques notons deux écueils auxquels Tobias n’a su ou pu faire face. L’acte II, contrairement au premier, est composé de trop de ballades et de mid-tempo. Il en résulte une digestion plus que difficile. De plus, l’agencement des titres se révèle maladroit et ce dès le premier titre qui aurait mieux sa place en fin d’album. La présence de plages instrumentales sur le premier opus avait au moins le mérite de tempérer les transitions entre les différents titres. Ici le second titre déboule malhabilement. En outre, la succession de deux titres assez lents, aux forts accents « magnumiens », « The Looking Glass » et « In Quest For » n’aident pas à l’écoute.
Deuxièmement, les différences qui séparent les deux formations, Edguy et Avantasia, s’estompent et on a l’impression d’avoir entre nos mains un ultime album d’Edguy avec des guests. Prenons par exemple le premier titre, qui du haut de ses quinze minutes n’est pas sans rappeler par sa structure le titre éponyme de l’album Theater of Salvation d’Edguy. Plus grave encore, il semble être un prétexte pour laisser place à tous les intervenants, les stars. Il en est de même pour les ballades. Le titre « Neverland » rappelle « The Headless Game » et « The Looking Glass » aurait pu figurer sur l’album Mandrake.
Passées ces remarques, que retenir de cet album? Plus que sur le premier opus, Henjo se distingue par son jeu incisif et mélodique en nous délivrant un solo de très bonne facture aux airs de Gamma Ray sur le titre « Chalice of Agony » et sur « No Return », ainsi qu’une intro dynamique sur « The Final Sacrifice » qu’un certain Jon Shaffer (Iced Earth) n’aurait pas reniée. Au rayon invités Timo Tolki (Stratovarius) et Jens Ludwig (Edguy), se chargent d’introduire un brin de diversité, l’un avec un solo plus qu’inspiré sur le premier titre, l’autre avec un solo plus que classique mais qui dénote une recherche de variation sur « The Final Sacrifice ».
Côté chant, on a droit à quelques grands moments tels que l’intervention de Kiske sur « The Seven Angels » ou l’outro trop succincte de ce même titre, disputée entre Kai Hansen et Andre Matos voire les chœurs du titre « Into The Unknow » qui conclu l’album. Mais le véritable point d’orgue est « The Final Sacrifice » où la seule présence de David de Feis confère au titre une aura de sainteté. En effet, son intervention modifie en profondeur la structure du morceau et laisse planer l’ombre de Virgin Steele que le reste de l’album plombé par le chant désastreux de Tobias sur « Memory » aura du mal à faire oublier.
Au final cette seconde partie se révèle moins diversifiée que la première. Les fans d’Edguy et de la première partie devraient y trouver leur compte. Les autres se reporteront aux références du style.
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