L’Ep Aske est un cas particulier dans la discographie de Burzum. Varg Vikernes, le fier norvégien assurant les rôles de capitaine, contremaître, matelot et mousse du navire Burzum (autrement dit : il joue TOUT) a toujours souffert de l’éternel problème des sorties irrégulières. Cet inconvénient habituel lorsqu’on s’ébat dans l’underground devient un sévère épine dans le pied quand votre directeur de label n’est autre qu’Euronymous (Mayhem), formidable guitariste mais piètre buisnessman.
Varg (alias Count Grishnack) a toujours été oppose au système de l’Ep (mini Cd, maxi single… Qu’importe le nom que vous lui donnez). On ne peut donc que deviner ce qui a poussé ce singulier individu à sortir ce genre de produit somme toute assez bâtard. Vikernes a, en 1991, déjà écrit assez de chansons pour remplir deux albums ; le premier, Burzum, est un formidable succès sur la scène black-metal et on se doute que Vikernes à hâte de passer à la suite en sortant son Det Som En Gang Var. Sauf que Euronymous est à la dèche et que son label, Deathlike Silence Productions est en piteux état. On peut donc imaginer qu’en attendant, Euronymous ait proposé au comte de sortir un Ep et que celui ci, très prolifique, ait donné au six cordistes de Mayhem quelques chansons écrites récemment.
Aske est donc un Ep, aujourd’hui introuvable, dont la photo de la pochette n’est autre que celle des églises brûlées par Vargounet, le bouillant odiniste. Vikernes, décidément plein d’ironie, avait fait offrir avec chacun des 1000 premiers exemplaires, un magnifique briquet décoré de la même photo.
Cet Ep ne propose en fin de compte que trois chansons (mais quelles chansons !), dont un court instrumental de trois minutes. Ceci n’empêche pas le Cd de ne durer pas moins de vingt minutes. Ce qui frappe l’évolution par rapport aux chansons de Burzum, sorti un an auparavant et à celles de Det Som En Gang Var (sorti un an après mais composé avant Aske) c’est que la musique devient de plus en plus homogène, on a vraiment l’impression d’entendre un groupe jouer alors que seul Grishnack a touché aux instruments (mis à l’exception de la basse tenue par Samoth d’Emperor – C’est la seule fois ou une personne extérieure s’immiscera dans le cercle Burzumien).
Les deux titres principaux sont « A Lost Forgotten Sad Spirit » et « Steminen Fra Taarnet ». Ces deux chansons font probablement partie de mes favorites de toute la carrière de Burzum, elles se situent à la limite entre le son très metal de Burzum/Det Som En Gang Var et celui plus atmosphérique de Hvi Lyset Tar Oss. Les riffs sont très sombres et l’ambiance violente tout en gardant un face planante ténébreuse à la puissance surprenante. Ces deux compositions sont formidables. Dans a plus pure tradition Burzumesque Aske contient un instrumental plus paisible. « Dominus Satanas » remplit parfaitement son rôle et fait descendre doucement descendre l’auditeur de la claque assénée par « Steminen Fra Taarnet » avec ses relents néoclassiques (sur la version vinyle originale il fermait la ‘side winter’, première face de l’Ep), on peut juste lui reprocher d’être un poil court.
En gros Aske est un excellent Ep composé de titres géniaux mais par intégrité je ne monterai pas trop sa note étant donné que je ne suis pas très friand de ce genre de produits.
Notez enfin que, si Aske est aujourd’hui une rareté recherchée par les collectionneurs, les chansons contenues dans cet Ep sont disponibles, soit dans la réédition de Burzum (les versions sont par contre légèrement différentes), soit dans la compilation Draugen : Rarities.
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