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STYLE : Pop Rock FM

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AsiA - Aria - 1994

1Anytime
2Are you big enough?
3Desire
4Summer
5Sad situation
6Don't cut the Wire (Brother)
7Feels like love
8Remembrance day
9Enough's Enough
10Military man
11Aria

      Kanart


24/10/2008    

Prolégomènes

Le terme « aria » est au cœur d’une ambivalence terminologique. Dans le domaine musical, une aria est une mélodie instrumentale ou chantée d’origine baroque, qui fait l’objet d’un accompagnement. En langage littéraire, « un » aria c’est aussi les soucis, les tracas. Ce deuxième effort d’AsiA Mark II featuring John Payne, correspond bien à cette dualité terminologique de l’aria. Généralement, les tracas sont pour le malheureux qui s’est épris d’un tel album et qui va contre vents et marrées, vouloir convaincre son entourage du bienfondé d’aller l’écouter parce que celui-ci s’est justement laissé avoir par ses somptueuses mélodies.
On relèvera au préalable qu’ici disparaissent les derniers vestiges (en dehors de Geoff Downes évidemment) qui rattachaient AsiA à un passé désormais révolu : Mickael Sturgis remplace Palmer et Al Pitrelli rempile pour une deuxième cession, Howe ayant définitivement mis les voiles vers d’autres continents.

J’adhère, j’adhère pas… : that is the question über alles !

Le son rock fortement américanisé d’Aria scelle de façon irréversible la rupture avec la pop molle, sans saveur de l’AsiA gérontocratique d’antan. En net retrait par rapport à Aqua concernant l’omniprésence des ambiances électroniques futuristes, les claviers de Geoff reviennent globalement à un son moins étouffant, tout en conservant ces effets synthétiques qui soutiennent efficacement une ambiance rock FM variée (Anytime) et plutôt bon enfant (Are you big enough ?, Summer). Chaque titre s’articule de façon parfaite autour de moment très doux et apaisés et d’autres nettement plus énergiques (Will you remember) voire même Hard Rock (Don’t cut the wire). L’association de ces nuances avec de grands moments d’emphase est à l’origine de très beaux instants chargés d’émotions (Desire, Feels like love et Enough’s enough). Dorénavant, AsiA signe des œuvres de précision pour lesquelles minutie rime avec orfèvrerie.
La problématique d’un album comme Aria finalement, réside dans le point de savoir si l’on adhère au style proposé ou non. Si tel est le cas, alors tous les titres sont susceptibles d’être des hits, quoi que deux d’entre eux prennent le pas sur les autres sans pour autant les éclipser (Desire et Military man). Le tandem Payne & Downes sait nous mitonner des mélodies « aux petits oignons ». Il convient toutefois de concéder que ce son typé « grand public » est largement responsable de la défection dont souffre AsiA. En effet, des compositions dont la sonorité et la progression s’apprivoisent aussi facilement, ça déplait car ça fait pas tendance du tout. La découverte est agréable mais de courte durée.

Doléances : suivez le guide !

A l’instar d’Aqua, le remarquable boulot de production et de composition est à la fois le plus grand atout de cet album (après la qualité des mélodies) mais aussi, il faut bien l’avouer, son pire ennemi. Une production aussi carrée, aussi convenue, empêche tout petit ajout, toute fantaisie, toute impro. Ca manque d’un « je n’sais quoi » qui illuminerait de façon significative cette galette et qui verrait ainsi exploser de grandes envolées de basse et de guitares. C’est cela qui fait défaut aux productions du tandem Payne & Downes : l’explosion des morceaux. Tout est trop mesuré, contrôlé. Même le degré d’émotion fait l’objet d’un contrôle pondéré.
Ah ! Si seulement la basse tenait un rôle plus actif dans les lignes mélodiques comme cela est un peu le cas dans le superbe et énergique Don’t cut the wire.On aimerait tellement que le refrain de Sad situation soit plus modulé et on adorerait aussi que la superbe envolée de guitare à la fin de Will you remember dure beaucoup plus que cette misérable poignée de secondes à la fin desquelles celle-ci disparaît dans un fade-out frustrant, tout comme cette intro risible de Enough’s enough franchement inconsistante : « Eh ! Revient la gratte ! On t’aime nous !! » Et que dire du franchement tubesque Military man pour lequel une intro avec un son moins linéaire aurait donné tout le relief nécessaire à la reconnaissance de cet hymne intemporel ! On aurait aimé aussi que les très nombreux moments d’ambiances qui parsèment les morceaux, tout comme les intros et les outros soient un peu plus complexes, un peu plus fouillés.

Mais y’a pas d’mal à s’faire du bien !

Découvrir Aria requiert, comme pour Aqua, d’écarter les préjugés habituels que suscite le nom “AsiA”. A la limite, il serait plus facile de convaincre des personnes qui n’en ont jamais entendu parler. Il semble évident que lorsque l’on fait partie de l’élite bien pensante versée dans le Grand Art (entendre par là, le gars dont la seule raison d’être est de s’auto satisfaire sur des doubles albums remplis de vide en mangeant le « camembert à la p’tite cuillère » ), AsiA sera de toute façon systématiquement écarté. Quant à ceux qui connaissent tout sur la musique en général et AsiA en particulier par « ouïe dire » , ceux-là sont généralement des crétins dont je peux dire tout le mal que je veux puisque ils n’auront, par définition, pas lu cette chronique.
Restent enfin les autres, vous, c’est à dire ceux dont on peut espérer un minimum d’impartialité : puissiez-vous rester le plus sourd possible aux préjugés pour qu’en toute objectivité, vous veniez poser une oreille (voir les deux) sur cet album. Et surtout prenez bien le temps...

« Gloire à J ! Gloire à J ! Oh oh oh J c’est ici … »

Comme certains auront pu le constater, aucun des titres d’Aria n’est descendu en flamme pour la simple et bonne raison qu’il n’y a aucun motif de le faire. Cet album contient un nombre de chefs d’œuvre inversement proportionnel au nombre de hits écrits par l’ancien AsiA. Ce qui fait écran à leur reconnaissance, c’est ce son trop lisse qui donne à ce concentré de hits potentiels, une tournure un peu poussive. La musique d’AsiA ne se destine pas aux “spécialistes” (de quoi d’ailleurs ?) mais aux passionnés (de tout poil). Eux seuls finalement, sauront puiser au cœur de leur passion, l’énergie nécessaire à la découverte de ces sublimes mélodies pour en faire alors les louanges.


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Kanart

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