Dans la série True Metal, Marcel sur torse huilé et imberbe, Dragon et peaux de bête, l’horizon paraît sérieusement embouteillé à cause d’un cador indéboulonnable : Manowar. Voilà bientôt 20 ans que les Heavy Metalleux nous déflagrent les esgourdes avec puissance et Humour, le tout ficelé par la voix si… Heavy d’Eric Adams et les facéties de Joey DeMaio, exubérant Bassiste de ce groupe qui passionne autant qu’il répugne.
Dans cette famille donc je pioche aujourd’hui le fils, DSG dont la pochette (une main virile sortant de terre avec un glaive tellement long qu’il n’est besoin de s’appeler Freund pour y voir une référence Phallique) estampille le CD au rayon Heavy qui tâche, aux relents de joutes guitaristiques à dos de Licornes.
Un fils à Papa dont la relation filiale n’est pas qu’une métaphore car David Shankle, le guitariste en mal de mégalomanie qui s’approprie le CD n’est autre que le Six-cordiste ayant officié dans Manowar de 1988 à 1995. Tiens, on se dit que le bonhomme se sentait à l’étroit dans le super groupe et veut trouver un son en marge de la toute puissance de ce bon Joey… Pourquoi pas… On regrette alors déjà la pochette totallement dans l’esprit de son ancien groupe et c’est avant de lire la pochette… Produit par… Joey DeMaio, Voice Of Authority : Guitar Solo dédié à… Joey DeMaio, remerciement : Manowar et… Joey DeMaio !!! Ouh ! Une telle Omniprésence (sans compter que le label Magic Circle Music est également celui de Manowar) amène indubitablement à se demander l’intérêt d’un side-project si peu… Emancipé ! Dès lors, et avant d’avoir entendu une note de l’opus une énorme appréhension de redite ronge mon String en peau de Gnou qui orne mes royals bijoux de famille.
Et c’est là que se dessine la réponse la plus floue à apporter à une telle question car DSG joue une sorte de Manowar bombardé de Claviers et cet instrument est la seule véritable séparation entre la musique du Shankle Group et celle de son illustre aîné Manowaresque.
Ashes To Ashes est un album riche d’énergie et blindé jusqu'à la nausée de courses effrénées entre la guitare rutilante de Shankle et d’impressionnantes lignes de clavier de monsieur Eddie ‘‘Shreddy’’ Bethishou. Les claviers c’est pas mon truc, c’est le genre d’instruments qui peut te détruire une décennie (demandez au 80’S) et qui, sur un album peut faire passer la plus ‘‘Evil’’ des galette pour une pâte à crêpe à haute teneur en fleur d’oranger. Mais là, force est de constater que le clavier à Outrance propose, en sus de la daube qu’un tel instrument rejette lors de son utilisation, de vrai partie de plaisir aussi puissante que jubilatoires (A quand un Clavier soutenant la musique au lieu de la créer ?! Bref…).
Comme souvent, c’est l’utilisation de cet instrument qui va conditionner la qualité de la musique produite. Ashes To Ashes, qui ouvre l’album (aucun rapport officiel avec le titre de David Bowie du même nom…) nous offre une avalanche de synthé comme rarement, introduisant même un Clavecin et des chants Grégorien avant de laisser libre le boulevard pour les gimmick de David Skankle, Shredder fou furieux qui fait carburer sa guitare comme si le dahu était derrière lui, nu et en érection (ce qui, j’imagine, doit faire fichtrement flipper!). Derrière on côtoie le haut comme le bas du baromètre Heavy. Affichant 75° à l’ombre de A Raven At Midnight ou The Tolling Of The Bell, c’est carrément l’ère glacière qui s’empare de The Window’s Grief, intro longue et ridicule de la non moins minable The Window’s Peak. Et que dire de Calling All Heroes (Power ballade traitant de la tragédie du 11 septembre 2001 sentant le patriotisme malvenu) qui a comme seul mérite de souligner le gros point faible de cet Album. Trace Edward Zaber, vocaliste du groupe a une voix de tête exécrable, et, non content de ça, décide de nous la matraquer tout au long de l’album, ce qui a tendance à devenir tout bonnement horripilant.
Curse Of The Pharaoh sent le trip, avec ses mélodies de Clavier arabisantes et son déluge de disto et, la second partie de l’album sombre dans un sous manowar sans trop de saveur et surtout, assommé par la désagréable voix de Zaber… Insupportable, vraiment. On pense en avoir finit avec ce poussif CD avant que The Magical Chords (nom bien ringard au demeurant) viennent exposer nos oreilles au supplice (Pourquoi Zaber n’a pas eu un accident de corde vocale lors de son enfance, ça nous aurait éviter tant de souffrance !) et, comme si cela ne suffisait pas Voice Of Authority est une branlette de manche frénétque mais indigeste qui ne trouvera sa place que dans la seconde partie, accompagné d’instruments.
Malgré la réelle qualité des musiciens la tout manque cruelement d’identité, voilà comment empaqueter, en une phrase trop souvent utilisée hélas, le premier effort de DSG, un album Ni bon Ni mauvais, juste une sorte d'ersatz de Manowar (la démesure assumée en moins) qui ne peut avoir comme intérêt que celui de découvrir ce qui gravite autours du groupe. Celui qui a écouté King Of Metal peut aisément passer son chemin, les autres peuvent se servir de ce disque pour atteindre la bête au plus vite.
| Avis de la Team | |
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| Iro22 |  |
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