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STYLE : Alternative Metal

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Suicidal Tendencies - The Art of Rebellion - 1992

1Can't Stop
2Accept My Sacrifice
3Nobody Hears
4Tap into the Power
5Monopoly on Sorrow
6We Call This Mutha Revenge
7I Wasn't Meant to Feel This/Asleep at the Wheel
8Gotta Kill Captain Stupid
9I'll Hate You Better
10Wich Way to Free
11It's Going Down
12Where's the Truth
Découvrez la playlist The Art of Rebellion avec Suicidal Tendencies

      Ulyssangus


10/03/2011    

La tournée qui suivit la parution de Lights… Camera… Revolution !, faite en compagnie de Queensrÿche, entraîna Suicidal Tendencies jusqu’à leur ville natale, Los Angeles, qui ne les avait plus revus depuis des années. Le quintette sillonna ensuite le monde lors de la fameuse tournée Clash of the Titans, qui faillit mal se terminer, Mike Muir ayant (chose peu surprenante) pris en grippe Dave Mustaine, ce qui l’entraîna à insulter publiquement le leader de Megadeth sur scène. Le groupe est alors au sommet de sa popularité, entraînant à sa suite un public varié, allant des fans de skate de Venice Beach aux amateurs de thrash de San Francisco. Cela n’empêche pas Mike Muir et le bassiste Robert Trujillo de former un nouveau groupe, clairement orienté funk-metal : les Infectious Grooves. Suicidal Tendencies n’était pas oublié pour autant, et retourna enregistrer dès la fin de l’année 1991, après s’être séparé du batteur Carlos Herrera. Au sein des murs vénérables du studio Ocean Way de Los Angeles, celui-là même qui vit la création de "Good Vibrations" et "California Dreamin'", Mike Muir et ses acolytes vont réaliser leur œuvre la plus aboutie, la plus complexe, mais aussi la plus longue. The Art of Rebellion est également le plus grand succès public de Suicidal Tendencies, échouant de peu à pénétrer dans le top 50. Le groupe ne retrouvera jamais une adhésion pareille, remarquable pour un groupe aussi vif et indépendant.

"Can’t Stop" est en quelque sorte le résumé de l’album, avec un Mike Muir alternant entre lamentations et éructations, soutenu par un groupe bien plus libre que par le passé. Les guitares sont tranchantes, implacables ; la basse est véloce, virtuose ; la batterie résonne comme le tonnerre, entraînant l’orchestre dans une terrible course en avant. Suicidal Tendencies n’a pas abandonné ses prétentions thrash, bien au contraire ; mais le quintette prouve que son savoir-faire est encore plus étendu qu’il l’était auparavant. Le chemin parcouru par le groupe depuis ses débuts est phénoménal : le hardcore est bien loin. Suicidal Tendencies aboutit ici à l’extrême opposé de ses origines punk : les morceaux sont plus longs, complexes, virtuoses, et un mot, progressifs. Le mot est lâché : Suicidal Tendencies a, par un long trajet, abandonné ses racines pour rejoindre en partie le courant musical jadis dénoncé à grands cris par les punks et les fans de hardcore, et ce pour le plus grand plaisir du mélomane. "Nobody Hears", "Which Way to Free", "Monopoly on Sorrow", autant de titres alliant mélodies brillantes, riffs saturés et arrangements aventureux. Mike Muir n’a jamais été aussi doux-amer, à tel point que sa voix prend parfois des accents à la limite de la mièvrerie, pour mieux verser ensuite dans des hurlements nimbés d’une rage non feinte. L’homme, malgré ses talents de compositeur, a tout de même des difficultés à rivaliser avec les grandes voix du thrash contemporain.

La production de Peter Collins est également à citer. L’ancien ingénieur de Rush et de Queensrÿche livre un espace sonore équilibré, bien défini, où chaque instrument est audible, y compris sur les morceaux aux orchestrations les plus complexes. L’enregistrement de la batterie est en particulier une véritable réussite, avec un son ample, puissant et clair. Cet équilibre renforce des compositions déjà somptueuses, aux confluences du thrash metal, du rock progressif, du punk et du rock alternatif. La suite "I Wasn’t Meant to Feel This/Asleep at the Wheel" reste ainsi comme l’un des meilleurs titres de l’époque, alliant un psychédélisme proche de Pink Floyd à un riff terriblement entraînant. Rocky George et Robert Trujillo, au sommet de leur art, rivalisent de virtuosité, une virtuosité qui ne perd jamais de vue le groove. L’équipe réunie par Mike Muir, hors du commun, peut rivaliser techniquement avec l’ensemble de leurs concurrents de l’époque. Malheureusement, le succès populaire de Suicidal Tendencies entraînera, comme souvent en de pareils cas, la destruction du groupe. Muir, paralysé par l’enjeu, sabordera la carrière du quintette avec Suicidal For Life deux ans plus tard. Aujourd’hui, les perspectives et les hommes ont changé. Suicidal Tendencies, reformé, sillonne toujours les routes, mais n’arrive pas à faire oublier The Art of Rebellion.


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