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STYLE : Rock Progressif
DU MÊME ARTISTE :


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The Nice - Ars Longa Vita Brevis - 1968
| 1 | Daddy, Where Did I Come From?
| | 2 | Little Arabella
| | 3 | Happy Freuds
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| 4 | The Karelia Suite: Intermezzo
| | 5 | Don Edito el Gruva
| | 6 | Ars Longa Vita Brevis: Prelude/1st Movement: Awakening/2nd Movement: Realisation/3rd Movement: Acceptance "Brandenburger"/4th Movement: Denial/Coda : Extension to the Big Note
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Bien que The Nice soit à l'époque une des attractions scéniques les plus recherchées (notamment par la BBC) et que The Thoughts of Emerlist Davjack bénéficie des faveurs de la critique, les chiffres de ventes de ce premier album sont décevants (il n'entre même pas dans les charts). Pour couronner le tout, la tension monte entre les deux leaders Keith Emerson et David O'List. De ce duel ressort vainqueur le claviériste qui peut enfin laisser libre cours à sa mégalomanie légendaire suite au départ de son désormais rival et ennemi guitariste : "I was fed up with being drowned out by some bloody guitar player who fancied himself as another Pete Townshend, so I began making so much noise on my own there wasn't any point in having a guitarist in there any more". Après quelques tentatives d'auditions infructueuses (notamment celle de Steve Howe, probablement peu emballé par cet embryon de dictature paranoïaque), le "Jimi Hendrix du clavier" s'affirme comme le seul maître à bord et peut exploiter sans le moindre scrupule les quelques idées fournies par O'List pour le prochain album.
Ce Ars Longa Vita Brevis que le Religionnaire vous traduit par La Vie est Courte, l'Art est Long semble à l'évidence miser en grande partie sur le titre du même nom, pièce de près de vingt minutes qui, si elle s'avère bien pionnière en matière de longue suite épique progressive, contient déjà tous les excès du genre. Ce "Ars Longa Vita Brevis" contient en effet à la fois le meilleur de l'album comme le pire. Le meilleur réside dans le troisième mouvement nommé "Brandenburger", palpitante adaptation du Concerto Brandebourgeois de Bach, qui s'élève parmi les sommet de ce progressif naissant de la fin des 60's. C'est ce "Brandenburger" qui est d'ailleurs choisi comme single et qui ne renoue pourtant pas avec le succès du précédent ("America"), probablement en raison de son caractère trop avant-gardiste. Et pourtant, l'accroche mélodique est bien présente et jugée irrésistible par le Religionnaire, ce qui n'est pas le cas du reste de cette longue pièce pseudo-symphonique. Les trois autres mouvements ne constituent en effet que des résidus de vide et d'artifices sans grand intérêt : ambiances trop peu musicales et barbantes, longs soli classico-jazzy d'Emerson certes admirables mais sans grande cohérence, et enfin un long et valeureux solo de batterie du batteur Brian Davison, bref l'asphyxie…
Le reste de l'album est globalement décevant et souffre à l'évidence de la perte d'un compositeur précieux en la personne de David O'List. On y retrouve quelques expérimentations psychédéliques à la Syd Barrett que les fans de ce dernier apprécieraient sûrement, comme "Happy Freuds" la ritournelle déglinguée et peu séduisante ou "Little Arabella", titre jazzy au groove trop timide pour susciter la moindre émotion positive. "Daddy, Where Did I Come From?" est en revanche bien plus accrocheur et original mais malheureusement parasité par son interlude affichant une sorte de fornication végétale (nouvel effet à la cocasserie éphémère). Ensuite il y a cette adaptation plate et barbante du générique d'un programme télé (composé par Jean Sibelius) : "Intermezzo from the Karelia Suite" (plus tard repris par ELP), et enfin un hommage à l'ingénieur du son de l'album Don Brewer nommé "Don Edito el Gruva", composition judicieuse mais malheureusement trop éloignée du rock pour pouvoir rehausser le niveau globalement médiocre de cet album.
Ars Longa Vita Brevis reste donc une vraie déception dont le responsable n'est autre que celui qui s'est imposé comme unique leader du groupe et qui n'offre ici à peu de choses près que les mauvais cotés de sa mégalomanie. Une nouvelle fois très apprécié par la critique pour son coté avant-gardiste ce disque ne fera pas mieux que son prédécesseur au niveau des ventes. Notons pour l'anecdote qu'un certain Lemmy (futur Hawkwind et Motörhead, et collectionneur de vestiges nazis), à l'époque simple roadie du groupe, après avoir vu Emerson jouer sur scène avec des couteaux, lui suggère : "Si tu veux jouer avec des couteaux, utilise au moins des vrais". Plus tard lors d'un concert, le batteur Brian Davison reçoit une authentique dague du troisième Reich en pleine figure. Heureusement, il n'est pas blessé.
PS : L'édition remasterisée offre (ou vend plutôt) un second disque rempli de versions lives (en majorité enregistrées à la BBC) : la plupart des titres de l'album y sont, ainsi que quelques curiosités comme le "Lumpy Gravy" de Zappa ou l'énigmatique "Aries" d'un groupe nommé The Zodiacs. Notons également la présence de deux titres live de l'album suivant : "Azrial Revisited" et "Diary of an Empty Day (& Top Gear Signature)", ainsi que deux inédits : le "Blues for the Prairies" d'Oscar Peterson et le presque rigolo "I'm One of Those People that My Father Tells My Sister Not to Go Out With". Par Ailleurs, la pochette est l'œuvre de Gered Mankowitz à qui l'on a demandé une image qui représente le groupe "vu de l'intérieur". Il prend donc tout ça au mot et, n'étant malheureusement pas autorisé à radiographier les membres du groupe, il achète une série de vieux clichés dans une clinique qu'il agrémente avec quelques lumières colorées…
| Avis de la Team | | |  | | DocSavage |  | | Religionnaire |  |
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