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STYLE : Euro-Pop
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ABBA - Arrival - 1976
| 1 | When I Kissed the Teacher
| | 2 | Dancing Queen
| | 3 | My Love, My Life
| | 4 | Dum Dum Diddle
| | 5 | Knowing Me, Knowing You
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| 6 | Money, Money, Money
| | 7 | That's Me
| | 8 | Why Did It Have to Be Me?
| | 9 | Tiger
| | 10 | Arrival [Instrumental]
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Outre sa glorieuse réputation, cet Arrival est caractérisé par sa gestation supérieure à un an. L'attente qui en résulte, à l'époque très douloureuse, est compensée par la sortie d'une compilation aussi précoce que présomptueuse mais dont le succès est retentissant, notamment en Grande-Bretagne. Très occupés car en partie contraints à l'hyperactivité, les quatre gais troubadours besognent à tous les étages, jonglant entre tournées, diverses apparitions promotionnelles et projets parallèles. Initialement destiné au futur album solo de la belle Frida, le mythique "Fernando" ne tarde pas à dévoiler son potentiel d'universalité, et résonne dès le début de l'année 1976 dans le monde entier. Aussi superbes et intraitables que soient les conceptions du Religionnaire, ce dernier sait aussi se rallier à la masse, pour affirmer que cette mélodie est l'une des plus belles qui n'aient jamais bercé le monde depuis ses premières éjaculations volcaniques. La renommée dont jouit Arrival tient d'ailleurs plus aux quatre gigantesques tubes qu'il renferme qu'à sa consistance globalement pauvre. Le sublime "Dancing Queen", dont le mérite est de parvenir un instant à rendre le disco aussi attendrissant qu'il peut être euphorisant, devient le premier et unique numéro un du quatuor aux États-Unis. Bien plus qu'un hymne élémentaire et parfois irritant, "Money, Money, Money" dégage un groove au mordant incontestable tandis que "Knowing Me, Knowing You", moins enthousiasmant, traduit un début de désillusion amoureuse au sein de ces deux couples modèles.
La machine de guerre mélodique et guillerette parvient ainsi à maturité, consacrant les quatre suédois en tant que superstars mondiales. En revanche, le fossé se creuse entre les titres vitrines et le reste du disque qui oscille entre bonnes performances et chansons bancales. Arrival préfigure ainsi le retour à la domination du single sur l'album, un phénomène qui s'imposera durablement après la double explosion disco/punk. L'évolution concernant les arrangements et le rendu sonore, volontiers considérée comme positive, découle de véritables choix qui ne peuvent exister sans sacrifices concomitants. Une approche aussi populiste nécessite des titres directs, débarrassés des digressions et autres fioritures qui perturbent certes l'immédiateté et l'attrait des singles, mais qui peuvent aussi créer la richesse et la consistance des albums. Ainsi cet incontestable génie mélodique en pleine expansion résonne au sein d'orgies musicales de plus en plus superficielles. Si Arrival se révèle déterminant sur bien des points, il témoigne également de l'adaptation singulière et réussie du quatuor au disco. La frivolité suédoise y apparait pourtant bien moins sensuelle et libidineuse que celle des artistes afro-américains. Toutefois, un étincelant pucelage assorti de pudeur et de bons sentiments, aussi handicapant soit-il, n'empêchera jamais personne de remuer le bas du dos. Ainsi, en 1976, le monde entier danse sur la musique d'ABBA et selon le Religionnaire, c'est bien légitime.
| Avis de la Team | | |  | | Religionnaire |  | | StarChild |  |
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