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STYLE : Hard Rock

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      Religionnaire


27/08/2011    

Ce disque présente toutes les caractéristiques de l'album culte, à savoir celles qui suscitent une fascination intense au sein d'une population restreinte. Il sort à une époque où les performances apocalyptiques sont laissées de côté au profit de frappes chirurgicales et/ou plus accommodantes. Cette démarche sans concessions n'empêchera pas le groupe de connaitre un certain succès aux États-Unis mais ne lui permettra pas poursuivre au-delà de cet œuvre unique. Le grand instigateur du projet reste Keith Relf qui, après avoir délaissé le hard rock naissant des Yardbirds pour fonder Renaissance, semble à nouveau vouloir muscler ses vocalises. Il recrute donc le guitariste Martin Pugh et le bassiste Louis Cennamo au sein d'un Steamhammer fraichement dissolu, le second l'ayant déjà soutenu au sein de Renaissance, et le batteur Bobby Caldwell dont le CV n'est pas moins attrayant (Johnny & Edgar Winter, Captain Beyond). Au début de l'automne 1974, le quatuor commence à enregistrer ce qui deviendra le chant du cygne d'un Keith Relf dont l'état général est visiblement très altéré. Si ce dernier décèdera électrocuté un an plus tard, il semble déjà condamné à court terme par la toxicomanie.

À l'exception du troisième, les échantillons sont très longs et dépassent les huit minutes. Il s'agit davantage d'étirements réalisés dans la déjà vieille tradition psychédélique que de réelles symphonisations. Ils ne reposent pour la plupart que sur le déroulement interminable d'un riff sur lequel se greffent quelques vocalises peu mémorables et au sein duquel s'insèrent de flamboyantes digressions solistes, à la guitare ou à l'harmonica. Si ces prestations à rallonge ne sauraient combler l'intégralité des attentes religionnariennes, celui-ci doit bien reconnaitre que le résultat ne se révèle étrangement pas barbant, et que l'œuvre ne peut en aucun cas être considérée comme une imposture. Les deux derniers titres, bien mieux fournis en riffs sur les plans qualitatif et quantitatif, propulsent même quelques grooves très accrocheurs desquels il s'avère difficile de se détacher sans y revenir encore et encore. Ce manque de concision aurait probablement été mieux pardonnée en 1969, alors que l'indulgence psychédélique n'était pas encore totalement partie en fumée, mais en 1975, l'effort parait déjà nostalgique, donc sans avenir. Après ce relatif échec, Keith Relf envisage de reformer la première mouture de Renaissance sous le nom d'Illusion, un projet qui verra le jour malgré son décès.


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