Les années 90 représentent un cap dur pour la scène metal en général et Iron Maiden ne fait pas exception. Steve Harris (basse), ayant probablement vu la vague grunge/rock alternatif arriver avant les autres, avait eu l’idée d’essayer un retour aux sources et aux origines punk du combo, ce qui avait résulté au moyen No Prayer For The Dying et au plutôt bon Fear of The Dark. Cependant, les succès commerciaux du groupe n’étaient plus ce qu’ils étaient, ceci surtout du à la perte générale du marché américain sous les coups du grunge. Iron Maiden restait tout de même une sacrée machine de guerre et les tournées incessantes du groupe lui évitèrent la catastrophe. Dans ces temps incertains la vierge de fer décide de sortir un live. L’album est enregistré en Europe, dernier bastion du combo anglais (« Bring Your Daughter to The Slaughter » avait quand même doublé Michael Jackson au sommet des tops anglais en ’90) et centre du noyau dur des fans « hardcore ». D’une certaine façon on peut voir quelque chose derrière ce détail anodin : Live After Death était enregistré en Amérique et représentait la consécration d’un groupe venant de conquérir les US alors que A Real Live Dead One semble plutôt être le résultat d’un voeu de revenir en terre natale pour consolider les bases. On note entre autres deux titres enregistrés à Paris (j’y reviendrai plus tard).
Afin d’apporter un peu d’originalité à la chose, Maiden fait paraître le live en deux parties à quelques mois de différence. La première partie du live, A Real Live One réunit les classiques du groupe 1980-1985 sous une sorte de best of tandis que la seconde, A Real Dead One fait la part belle aux titres plus récents. Depuis 1998 les deux albums sont réunis en un double, il s’agit donc bien du double live A Real Live Dead One qui est chroniqué ici.
Il est évident que pour Iron Maiden offrir une succession à un live considéré comme un des meilleurs albums enregistrés en public du metal (le fabuleux Live After Death) était un challenge et si le groupe ne parviendra évidemment pas à surpasser le live de 1985, A Real Live Dead One reste un album plus que respectable.
Le premier disque est donc composé de titres issus des débuts de la carrière de Maiden et c’est bien là le problème car la set-list ressemble en gros à celle de Live After Death dans le sens ou elle est plutôt axée sur les classiques (« Iron Maiden », « Run To The Hills », « The Number Of The Beast », « Hallowed Be Thy Name », « The Trooper », « To Minutes To Midnight », « Running Free ») ceux-ci complétés par quelques titres n’étant pas apparus sur les lives précédents. Alors évidemment tout ceci est sans surprise et il n’y a pas vraiment beaucoup d’amélioration par rapport aux versions présentes sur le Live After Death : on gagne en volume du public mais on perd en qualité sonore ; en effet ce n’est pas l’habituel Martin Birch qui s’est chargé de produire A Real Live Dead One mais Steve Harris lui-même qui a offert à l’album un son moins propre et massif mais plus percutant, dans l’optique crue du groupe à l’époque et assez difficile d’accès. Evidement on peut toujours se régaler sur des titres comme l’énergique « Prowler », le sombre « Remember Tommorow » ou le glorieux « Where Eagles Dare », titres oubliés de la set-list de Live After Death. Et puis certaines re-lectures ne sont pas forcément mauvaises, comme par exemple la version légèrement accélérée de « Hallowed Be Thy Name » délectable.
Le second disque par contre fait plus grincer des dents : si avec le premier CD on étais en territoire connu et rien n’était horripilant en soi, le deuxième est plutôt 50/50. Les albums Somewhere in Time et Seventh Son of a Seventh Son sont plutôt subtils et complexes et la reproduction live appréciable de titres tirés de ces deux chefs d’œuvres est assez difficile. Ainsi les version massacrées de « Can I Play With Madness » ou « Stranger in a Strange Land » (le seul titre tiré de Somewhere in Time, grosse faute de goût) sont horripilantes et, étant donné qu’elles sont écrites pour la guitare d’Adrian Smith, ces chansons ne conviennent pas au jeu anarchique de Janick Gers. De plus, à l’époque, Bruce Dickinson (chant) est sur le point de quitter Iron Maiden et sa lassitude se fait ressentir douloureusement dans le bâclage vocal total dont certains titres souffrent. D’un autre côté il y a les titres tirés de Fear of The Dark et No Prayer For The Dying et franchement , s’il est de bon goût de dénigrer ces deux LP, force est de constater qu’en live, les chansons qui en sont tirées sont celles qui font meilleure figure. Du speed de « Be Quick or be Dead » au rock ‘n’ roll de « Bring Your Daughter to The Slaughter » en passant par les harmonies magnifiques de « Afraid To Shoot Strangers » et la beauté pure de « Wasting Love » il y a largement de quoi satisfaire l’auditeur et les titres sus-cités font partie de mes chansons live préférées de Iron Maiden. On a même le droit à une intro en français sur « Wasting Love » ou Bruce Dickinson s’essaye à expliquer au public aux anges en roulant son accent anglais « c’est quoi l’amour ». Un cadeau exceptionnel aux fans français du groupe fidèles comme toujours (mine de rien il est rare pour un groupe anglophone d’inclure un passage en langue étrangère dans un live destiné à la commercialisation mondiale). Et puis bien sur il y a le final de « Fear of The Dark » sombre et alambiqué avec toujours ces harmonies propres à Maiden qui vient nous rappeler avec brio que oui, en l’an de grâce 1993, Iron Maiden est toujours debout et prêt à se battre pour sa place au podium des grands du metal.
Au final A Real Live Dead One est un album qui laisse perplexe. En même temps il offre un bon best of des dix premières années de Iron Maiden et est aussi un live indispensable pour le fan. Cependant le son difficile d’accès (mais pas insupportable) me pousse à le décourager à celui qui ne connaît que peu ou pas le groupe. Il en résulte une note ni trop élevée ni trop basse pour un album qui garde tout de même une place de choix dans ma discothèque.
| Avis de la Team | | |  | | Deadkal |  | | Religionnaire |  |
Les internautes ont la parole! : 1 message(s) Laisser un message | nicolas 25/11/2006 avis: |  |
salut, génial votre site.
je lisais la critique de :
IRON MAIDEN : a real live/dead one.
"...A Real Live One réunit les classiques du groupe 1980-1985 sous une sorte de best of tandis que la seconde, A Real Dead One fait la part belle aux titres plus récents...".
donc, permet moi de corriger ce qui me semble une ereur, mais c'est "a real dead one" qui reunit les classiques du groupe.
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