Quid d’AqME en 2009 ? Quelle pertinence avons-nous à poser de nouveaux nos oreilles sur la dernière production de ce groupe tout d’abord embarqué dans le néo metal à la française, puis émancipé des pantacourts de ses amis pour verser avec fermeté et mélodie dans un metal noir multi influencé ? On s’était même pris à croire que le départ de Ben Rubin l’année précédente aurait scellé la tombe du quatuor parisien. Sur la stèle aurait été apposé l’adage suivant : « Mort d’avoir appartenu à une époque ». Un instant qui aura duré quasiment toute la décennie, pendant laquelle AqME aura été l’un des fers de lance du metal adolescent - mais pas que - trônant fièrement - avec ses qualités et ses défauts – aux cotés des Lofofora et autre Mass Hysteria. Mais enterrer les seul survivants de la fameuse (et oubliée) Team Nowhere aurait été mal connaitre la groupe qui, bien décidé à passer brillamment le cap du 5ème album, débauche Julien Hekking (guitariste de l’exceptionnel, mais trépassé, groupe Lazy) et repart en suède chez Bergstrand pour n’en revenir qu’avec En L’Honneur de Jupiter sous le bras.
L’entrée du disque soulève quelques inquiétudes : en effet « Tout le Monde est Malheureux » fait peine à entendre avec sa montée de guitare convenue sonnant comme du vieux AqME, mais sans âme. Heureusement, cette peau de chagrin s’effacera instantanément une fois « Guillotine » mis en route. Car il y a soudain de vrais raison de frissonner à l’écoute de ce nouvel opus. Hekking déjà, apporte sa touche aux compositions, parsemant les titres de En L’Honneur de Jupiter de multiples inflexions rappelant Zakk Wylde. Vibrato et Wha-Wha à tout va, soli sans compromis, la musique d’AqME prend un coup de jeune tout en gardant la couleur qui fait le charme de la formation. Thomas privilégie le chant hurlé et grand bien lui fasse car ses interventions mélodiques, comme sur « Noël Noir », sont encore franchement en deçà du reste. En revanche, le single « Macabre Moderne » donne dans le gros metal gras avec vibrato de rigueur par un Julien Hekking plus influencé que jamais par le leader de Black Label Society. Tout n’est pas de la même teneur sur cet opus mais la présence de quelques titres forts en gueule (« Les Matamores », « Blasphème » ou « Le Chaos » en sont de bons exemples) justifient sans problème l’investissement. On se prend alors à naviguer en toute insouciance le long des titres de cet opus, décidément bien plus intelligent que le trop rageur Hérésie. De l’entêtante mélodie vocale du « Culte du Rien » au débridé « Stadium Complex » les preuves de la bonne santé d’AqME sont nombreuses. Nous voilà plus que rassuré, conquis de nouveaux, comme après avait repassé une bien belle soirée en compagnie d’un ancien amant que l’on avait presque oublié.
Le processus de maturation suit son cours, après un Hérésie trop gratuitement violent pour être honnête (surement une réponse inconsciente aux reproches qui ont pu être fait à Sombres Efforts) AqME se fend d’un opus à la rage maitrisée, où les inflictions musicales de chacun trouve du sens. Alors cet album est sans aucuns doutes dédicacé à tous ceux qui avaient enterré le groupe l’année dernière. Il va encore falloir compter sur le quartet en, 2010, définitivement.
| Avis de la Team | |
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| Iro22 |  |
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