Peu de groupes peuvent se vanter d’avoir eu en une carrière entière l’influence de Hellhammer en un album. Ce groupe, souvent considéré à tort comme un prototype de Celtic Frost, ne dura que le temps d’enregistrer un mini album de quatre titres mais sera responsable en grande partie de l’explosion du black-metal au début des années 90 ainsi que de celle du death-metal à la fin des années 80. Un comble sachant que leur unique enregistrement, Apocalyptic Raids, ne fut édité qu’en une poignée d’exemplaires.
Projet né de l’esprit morbide de Thomas G. Warrior, Hellhammer eut en son temps pour unique but de repousser les limites de l’extrême alors posées par Motörhead et Iron Maiden. Reprenant ainsi le travail là où ses prédécesseurs l’avaient laissé, Hellhammer se contenta de jouer du Motörhead en plus sombre et rapide, ceci entraînant l’apparition de vocaux gutturaux, de paroles morbides/provocatrices et de solos sauvages et simplistes. Le résultat (obtenu aussi à l’époque par Venom) fut révolutionnaire et, rapidement rejoint par quelques compatriotes dont le mythique Martin Ain (qui à la base n’était qu’un badaud fan de Hellhammer se plaisant à venir aux répétitions pour headbanger comme un dingue), Thomas put enfin enregistrer le premier et unique album du marteau infernal, Apocalyptic Raids.
L’album en lui-même se composait à la base de trois rapides titres pouvant être qualifiés de proto-thrash (quoi que proto-death ou proto-black marche aussi parfaitement, c’est dire l’influence du groupe) aux lourdes influences Motörheadiennes (écoutez le riff d’intro de « Massacra » et comparez avec « Shine » sur l’album Another Perfect Day de Motörhead… Flagrant !). Mais le gros morceau résidait dans « The Triumph Of Death », une chanson qui dépassait tout ce qui avait été fait à l’époque. Ce chef d’œuvre situé en plein milieu du mini tranchait singulièrement avec le reste : point de tempos effrénés, point de vocaux gutturaux, point de solos chaotiques ; juste une succession de riffs broyeurs, de tempos lancinants et d’une voix… Une voix… Inhumaine. Warrior délivrait de sa gorge une litanie éprouvante faite de pleurs, de cris de douleurs et de phrases débitées irrégulièrement et empreintes de folie… Jamais on aurait attendu tant de la part d’un habitant du pays du chocolat, des montres et des ricolas (cliché, quand tu nous tiens !). La morbide descente aux enfers s’étendant sur presque dix minutes ne peut que marquer l’auditeur (merde ! On est qu’en 1984 !) et on s’imagine bien les petits Varg Vikernes (Burzum) et It (Abruptum) en train de prendre des notes tout en écoutant leurs vieilles copies-cassette de Apocalyptic Raids tout juste offertes par un ami fan de musiques extrêmes.
Mais selon les dires mêmes de Thomas G. Warrior, « The Triumph Of Death » avait poussé Hellhammer à sa perte et à peine le groupe prenait-t-il une tournure sérieuse que son concept s’avérait déjà complètement consumé (pour le paraphraser « Qu’aurions nous pu faire après « The Triumph Of Death » ?). Nos amis partirent donc fonder Celtic Frost, inaugurant ainsi la glorieuse histoire du plus grand de tous les groupes de metal suisses. Cependant si Warrior et Ain en avaient bel et bien assez de Hellhammer, les fans, eux, voulaient plus, et dans le désespoir et l’attente de nouveaux matériel ils se représentèrent bien vite Celtic Frost comme une suite de leur combo favori, ce qui fâcha encore plus les membres du Frost avec leur carrière pré-Morbid Tales (le premier album de Celtic Frost).
Mais la boucle se devait d’être bouclée et, à la vue du succès massif du death-metal dont les membres de groupes citaient Hellhammer en référence, Warrior se dit qu’il se devait de permettre aux curieux de découvrir son vieux groupe dont l’unique album n’était plus disponible depuis des lustres. On réédita ainsi une première fois Apocalyptic Raids en 1990 sous le nom de Apocalyptic Raids 1990 A.D. (une version aujourd’hui rare dont je ne suis pas peu fier d’avoir) contenant deux nouveau titres (« Revelations Of Doom » et « Messiah ») issus d’une compilation underground européenne de l’époque nommée Death Metal. Puis la vague black-metal scandinave débarqua et le nom de Hellhammer fut de nouveau sur toutes les lèvres. C’est donc en 2001 qu’une autre réédition de Apocalyptic Raids reprenant son titre original et ayant un artwork plus travaillé (mais pas de nouvelles chansons) paraît.
Le reste est 100% culte. La musique n’est pas toujours super originale et est perfectible, le son (même sur les rééditions) est cru (ce qui renforce l’atmosphère de l’album) et la durée ridicule (une vingtaine de minutes sur l’originale amenée à une demi-heure sur les rééditions) mais Apocalyptic Raids reste, pour son influence considérable, un album indispensable à tout historien du heavy-metal.
And remember : ONLY DEATH IS REAL.
| Avis de la Team | |
|  |
Les internautes ont la parole! : 1 message(s) Laisser un message
| adil bouda 23/10/2007 avis: |  |
Sans doute le plus grand disque de Placebo !
|