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STYLE : Indus Rock

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Marilyn Manson - Antichrist Superstar - 1996

1Irresponsible Hate Anthem
2Beautiful People
3Dried up, Tied and Dead to the World
4Tourniquet
5Little Horn
6Cryporchid
7Deformography
8Wormboy
9Mister Superstar
10Angel With the Scabbed Wings
11Kinderfeld
12Antichrist Superstar
131996
14Minute of Decay
15Reflecting God
16Man That You Fear

      Posthuman666


31/08/2008    

Après un premier album prometteur (Portrait Of An American Family, 1994), suivi d’un Smells Like Children (1995) dont seuls les chasseurs de dragons et autres chimistes-chamanistes en apprécieront le délire acide, Marilyn Manson nous revient en 1996 avec SON album, le mythique Antichrist Superstar.

Le petit Brian a été à bonne école : scolarité chrétienne (et désastreuse) où la peur de Dieu est prescrite et le Rock proscrit (car satanique), mère acquiesçant au moindre de ses caprices, père absent, grand père zoophile, etc. Qui aurait pu croire que notre bout de chou deviendrait un jour The reverend, de par-là même l’épouvantail d’une Amérique paranoïaque et puritaine? Un rêve habite notre "petit chanteur à la croix de bois", celui de quitter Fort Lauderdale (Floride), sa colonie de "péquenauds", et de devenir une Rock’n’Roll Star. Brian prend alors l’identité scindée de Marilyn Manson. Le choix n’est pas anodin car il vise à représenter les côtés clair et obscur des Etats-Unis. Il choisit de marier Marilyn Monroe (actrice américaine dont ces talents furent découverts grâce à ses fabuleuses "gâteries") et Charles Manson (tueur en série et… poète à ses heures perdues). Manson s'inspire alors de David Bowie (la Queen Bitch du Glam-Rock) dont il emprunte le "regard vairon", Trent Reznor (gourou omnipotent de Nine Inch Nails, initiateur d’une décennie cocaïnomane du duo "Manson-Ramirez"), et Alice Cooper pour le théâtralisme. Le personnage qui influencera le plus la personnalité de Manson fut, est (et restera ?) Anton "Zlatan" Lavey, le père fondateur de l’Église Satanique américaine qui le nommera Reverend de son autel. Ces explications sont nécessaires afin de comprendre et de pénétrer la première couche de cet album. C'est cette ambiance morbide qui inspire à notre zigoto l’effort Antichrist, objet empli de haine, de spleen et de délires psychotropes.

Tout démarre par Irresponsible Hate Anthem, hymne à la vengeance et au dégoût (je hais celui qui hait/ je violerai le violeur/…) s'amplifiant jusqu’au titre 1996, que l’on pourrait qualifier de révulsion envers la planète Terre et envers lui-même (il n’est peut-être pas du même monde que nous, mais jusqu’à preuve du contraire, la coco ne l’empêche pas de vivre sur la même planète !). On note, par ailleurs, que le titre Beautiful People relate la vie sociale dans les lycées américains, le culte du paraître et le rejet de toutes différences. Pour ce qui est du spleen, Mister M.M. le connaît. Trent Reznor, producteur du LP, veut faire sonner cet album comme une suite linéaire de son chef d’œuvre The Downward Spiral, ce qui n’est pas pour plaire à l’égocentrisme de Manson. S’en suivent des dissensions dans le groupe dont il désignera Reznor comme responsable (avec l’excès de drogues, bien-sûr). En surgiront les titres Dead to the World, Minute of Decay et The Man That You Fear, évocations de sa solitude en studio. Toute cette déferlante d’aigreur est agrémentée de sexe, de drogues et de mégalomanie (Angel With the Scabbed Wings, Antichrist Superstar, Mister Superstar,…).

L’ambiance est brute, tout droit tirée du chaos des Enfers. La violence est réalité noire, entre dégueulis d’insanité et fragilité. Ce LP n’est pas un chef d’œuvre en soi pour sa musique, mais bien pour ce doigt d’honneur fait au conformisme et pour cette envie de choquer le monde qui reste inégalée depuis. C’est peut-être simplement ça être une Rock’n’Roll Star


      Deadkal


17/11/2007    

Apocalypse Now. Difficile d’aborder un album sur lequel tout semble déjà avoir été dit, pensé, dénoncé, critiqué, loué. Chose inhabituelle en ce qui me concerne, je commencerais par une conclusion : Antichrist Superstar est un bon album de rock brut même si, en sacrifiant ses efforts les plus énergiques sur les ambiances glauques, le groupe y perd en mélodicité ce qu’il gagne en agressivité. Second aspect qui aura tôt fait de rebuter une frange de metalleux, derrière l’idée de réinterpréter le récit des anges déchus s’affirme une mégalomanie vouée à un seul but : faire de Brian Warner l’icône du rock. Et pour parvenir à ses fins, un seul mot d’ordre : provoquer. Ambitieux, sans doute, présomptueux, plus encore, mais avant tout passionné, car malgré tout l’objectif affiché n’abandonne rien à la qualité des compositions. Couvé par la personnalité et la caution de Trent Reznor depuis ses débuts, Manson tente de s’en affranchir en présentant un versant plus menaçant de ce qu’il proposait jusqu’à présent, en agrémentant sa musique d’influences goth-rock et metal, même si, ce faisant, il reste insidieusement tourné vers la musique industrielle et indéfectiblement tributaire des Nails.

«The Beautiful People» et «Minute of Decay» définissent l’espace de création artistique du groupe. Ils illustrent parfaitement l’essence même d’une musique composée de rythmes envoûtants, de tons subtils aux grooves entraînants ; une musique sublimée par la grâce délétère de mélodies obsédantes secouées par un cocktail composite de guitares distordues et de machines dissonantes. Batteries assourdissantes, guitares déchirantes s’offrent violemment à nous sur les punk «Irresponsible Hate Anthem» et «1996» tandis que les ambiances sinistres développées par les synthétiseurs sur «Cryptorchild» viennent nourrir le vaste vivier lugubre que constitue l’album dans son ensemble. Réminiscences du passé, «The Reflection God» ou «Wormboy», concrétisent admirablement les efforts inaboutis des précédents albums et présentent un groupe au faîte de sa maîtrise créative.

Tour à tour hargneux, pervers, en proie au désir et incroyablement mélodique, Brian dévoile une capacité à interpréter et à transmettre une foule de sentiments avec le même aplomb, tout en sonnant naturel, ce qui ne sera pas le cas sur les albums suivants où sa voix laissera place à un ton maniéré et inutilement exagéré. Par métaphores interposées, ses textes font mouche et lui apportent une publicité démesurée qui aura de quoi irriter et renforcer les plus sceptiques dans leur mépris pour la musique du groupe. Quoiqu’il en soit, Antichrist Superstar se présente sous la forme d’une fresque séduisante, un bloc titubant de démence, un chapelet (satanique) de titres contagieux, qui, s’ils ne révolutionnent en rien le monde du rock, sauront trouver refuge chez les fans de rock industriel et de rock tout simplement.


Avis de la Team
Deadkal
KlOwN
Roquentin

Les internautes ont la parole! : 1 message(s)    Laisser un message

rain singer  23/02/2008    avis

Je rentre systématiquement en transe sur le diptyque d'ouverture de ce disque, pour moi, le symbole le plus fort de la haine en musique, dans le son comme dans le texte, du tout grand art ! Le reste est plus mitigé (70 minutes, c'est toujours long pour un album de rock ! Surtout avec cette ambiance qui se rend vite assez pompante), même si certains titres se laissent écouter.



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