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STYLE : Rock Psychédélique

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The Black Angels - Passover - 2006

1Young Men Dead
2The First Vietnamese War
3The Sniper at the Gates of Heaven
4The Prodigal Sun
5Black Grease
6Manipulation
7Empire
8Better off Alone
9Bloodhounds on my Trail
10Call to Arms

      Ulyssangus


15/01/2010    

Difficile de concevoir le Texas comme terre nourricière du psychédélisme… Et pourtant. Le plus vaste état américain vit la naissance du premier des groupes acides, les furibonds et déjantés 13th Floor Elevators. La cohabitation entre les instances réactionnaires du Texas et l’avant-garde psychédélique ne se fit toutefois pas sans heurts : le chanteur des Elevators, l’énigmatique Roky Erickson, se vit ainsi confiné pendant plusieurs années en hôpital psychiatrique… Mais le mal était fait. Près de quarante ans plus tard, la scène psychédélique texane continue de subsister bon an mal an, offrant parfois des groupes dignes de retenir l’attention de l’underground américain. Les Black Angels sont de ceux-là. Fondé à Austin, ce quintette a emprunté le titre de l’avant-dernière piste du mythique premier album du Velvet Underground. C’est la compilation Psychedelia vol. 1, publiée en 2005 par le label anglais Northern Star Records, qui lança véritablement la carrière du groupe, qui se vit bientôt courtisé de toutes parts sur myspace. Le premier album du quintette fut assez bien accueilli par l’underground rock des Etats-Unis, tandis que les critiques notaient, avec sympathie mais sans grand enthousiasme, sa filiation avec les pères fondateurs du mouvement psychédélique et sa similarité avec les efforts contemporains des Warlocks, de Black Mountain et de Spiritualized.

Si les Black Angels se placent clairement dans la continuité du psychédélisme californien, leur musique est traversée par une terrible froideur provenant en droite ligne du Velvet Underground. Les guitares, partagées entre un twang très surf rock et un fuzz quasi-hendrixien, tissent un canevas sonore d’une ampleur rare, bien qu’assez peu complexe techniquement. L’ambiance mystique présente sur les premiers efforts de Jefferson Airplane est très présente, avec un orientalisme de pacotille assez dérangeant de par sa dimension transgressive. Des éléments de garage rock viennent rehausser l’ensemble, mais un garage rock très conservateur, reproduction sinistre des obscurs groupes américains des années 1960. L’introduction de "The First Vietnamese War" ou de "Manipulation" illustrent à merveille cette obsession rigide mais parlante pour l’underground des sixties. Les Anges Noirs se placent toutefois bien loin de la complaisance bon enfant qui caractérisait bien souvent les groupes de cette mouvance : Passover est un disque noir, parfois même sinistre, aux hantises morbides comparables à celles de Lou Reed. Le style hypnotique et lancinant de certains titres rappelle avec insistance le versant le plus sombre du Velours Souterrain, et plus particulièrement de "Venus in Furs", manifestation presque indépassable de monomanie criminelle, hommage déviant à la froideur et à la cruauté.

La voix plaintive et frêle du bassiste Alex Maas se fond avec un naturel indéniable entre les différentes strates de guitare, ajoutant encore à la dimension planante et grisante de la musique des Black Angels. Le lecteur l’aura compris, Passover n’apporte aucun élément nouveau, se complaisant dans une tradition aussi obscure qu’éculée. La maturité dont fait preuve le groupe sur cette poignée de titres ne doit pas faire oublier que son style est depuis longtemps révolu, manquant du moindre recul par rapport à ses glorieux inspirateurs, un recul qui lui serait pourtant bien nécessaire. La qualité des chansons est ainsi le seul gage de qualité de l’œuvre ; le pari ici n’est que partiellement réussi. Les Black Angels réussissent quelquefois, par une combinaison heureuse de frénésie glaciale et de monomanie éthérée, à emmener l’auditeur vers des rivages inconnus ; mais, bien souvent, la recette manque de saveur. Le quintette texan a su, au fil de son existence encore brève, enrichir peu à peu sa musique, la développant avec un bonheur certain sur son deuxième album, l’hypnotique Directions to See a Ghost. Quoiqu’il en soit, le groupe est reparti sur les routes des Etats-Unis, accompagnant ainsi les Black Keys, Black Rebel Motorcycle Club, The Raveonettes, The Warlocks, et, ô coïncidence suprême, Roky Erickson…


Avis de la Team
Roquentin
Ulyssangus

Les internautes ont la parole! : 1 message(s)    Laisser un message

Ced  18/01/2010    avis

Hypnotique, électrique et …fantastique. Cet album est un coup de maître. Une cérémonie rock’n’roll macabre, une transe déglinguée où les guitares tuent. On ne ressort pas indemne d’une telle expérience, mais un seul mot d’ordre : replonger. La douleur parfois a du bon…



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