 ©American Recordings
STYLE : Country/Folk
DU MÊME ARTISTE :





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Johnny Cash - American Recordings - 1994
| 1 | Delia's Gone
| | 2 | Let the Train Blow the Whistle
| | 3 | The Beast in Me
| | 4 | Drive On
| | 5 | Why Me Lord?
| | 6 | Thirteen
| | 7 | Oh, Bury Me Not (Introduction: A Cowboy's Prayer)
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| 8 | Bird on a Wire
| | 9 | Tennessee Stud [Live]
| | 10 | Down There by the Train
| | 11 | Redemption
| | 12 | Like a Soldier
| | 13 | The Man Who Couldn't Cry [Live]
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A l'aube des années quatre-vingt-dix, l'homme en noir semble avoir tout chanté, tout dit, tout vécu. Le long et lent déclin auquel il fait face sereinement depuis une quinzaine d'années semble le diriger vers un repos bien mérité. Une résurrection artistique et populaire provoquée par l'irruption du grand producteur Rick Rubin va pourtant repousser de dix ans cette inévitable extinction. Ce sursis miraculeux, immortalisé sur la série American Recordings, est le fruit d'une inspiration aussi lumineuse qu'élémentaire. Le projet minimaliste ainsi proposé par Rubin n'inclut que Johnny Cash et sa guitare Martin. Les chansons proposées, enregistrées dans le salon de ce dernier, sont volontairement dénuées d'enrichissements instrumentaux et d'artifices de studio dénaturants. Elles apparaissent alors comme un hommage des plus majestueux à son chant, dont la profondeur et l'intensité émotionnelle n'ont jamais été aussi bien mises en valeur depuis les progrès en matière de capture sonore. Le Religionnaire constate également avec une grande satisfaction mêlée d'empathie que le vieillissement apporte une richesse supplémentaire au chant de l'homme en noir. L'effritement de ce grand rocher qui semblait indestructible s'avère réellement bouleversant et illustre à merveille à quel point une faiblesse peut se révéler belle et attachante.
Les titres inédits proposés par Cash, vraisemblablement composés pour l'occasion, dégagent un parfum prévisible de nostalgie, certes douloureuse mais jamais pessimiste. A travers les thèmes inépuisables que sont la guerre ("Like a Soldier", "Drive On") et la religion ("Redemption"), sa voix résonne comme celle d'un vieux sage qui n'a rien perdu de son caractère impétueux. De par cette éternelle fidélité à une prose directe et poignante, ces nouveautés se combinent à merveille aux réinterprétations qui constituent la grande majorité du disque. Cash y reprend deux de ces anciens titres, notamment le sublime "Delia's Gone" mais suit surtout les excellents conseils de Rubin en se réappropriant les créations d'autres artistes. En imposant ainsi son style et sa voix sur des titres aussi variés, il élève l'exercice de la reprise à un niveau artistique rarement atteint, à mille lieues des innombrables pâles copies sans âme qui parasitent l'histoire. Sa version du "Bird on a Wire" de Leonard Cohen en est une illustration parfaite. Le chant très contrasté de l'homme en noir apporte à ce titre une profondeur inouïe ainsi qu'une saisissante montée en puissance sur le refrain. Bien que moins émouvants, les deux titres les plus mémorables sont composés spécialement pour lui, par Tom Waits ("Down There by the Train") et par l'inattendu Glenn Danzig ("Thirteen"). A travers la délicieuse persévérance du premier, puis l'exaltation cadencée du second, Johnny Cash n'a jamais paru aussi polyvalent et accessible, ceci sans renier la moindre authenticité. Aussi intimiste qu'universel, cet album bénéficiera d'un succès plus que réconfortant, et ouvrira l'univers de l'artiste à un public plus jeune, et plus rock.
| Avis de la Team | | |  | | Religionnaire |  |
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