Selon Bergson, la mémoire conserve dans sa totale intégrité ce que nous avons vécu. Il faut juste s'entrainer à récupérer le souvenir qui nous intéresse. La jouissance dont nous avons profité alors, se déplace ainsi sur le présent. C'est ce que Proust développe lorsqu'il évoque sa madeleine qui le ramène en arrière, à un passé habituellement oublié et relégué en arrière plan. Ma « madeleine » à moi est bien souvent musicale. Il me suffit d'écouter quelques notes pour repartir d'un trait vers une époque révolue et revivre des sensations mortes depuis des années.
Provence, 1999. C'est l'été, c'est les vacances et j'ère avec mon frère dans la garrigue. Les cigales chantent, les parties de pétanque s'enchainent. Mon voisin est le seul enfant à des kilomètres à la ronde. Il a quelque chose à nous montrer, un truc de grand. Il a trouvé les clopes de son frère, et un album de musique aussi. Apparemment c'est bien violent. On met un morceau au hasard : un décompte commence et c'est un déluge de violence qui tombe sur ma petite tête brune.
Americana de Offspring, c'est le symbole d'une époque. L'album de la corruption pour certains. Le testament d'un groupe de vendus à l'industrie. Pour d'autres, c'est l'album de la découverte, celui qui a permis de se pencher sur un genre musical qu'on se refusait d'approcher. Quoi qu'il en soit, indépendamment des considérations mercantiles, force est de constater qu'Americana est un album de qualité. Décrié ou acclamé, il reste néanmoins un mètre étalon pour toute une génération.
Casablanca, 2005. L'adolescence est une période bâtarde. On est à cheval entre deux grands ensembles sans vraiment où se situer. Alors on oscille, on cherche son chemin à travers les figures de modèles. La musique y joue un grand rôle, sorte de catalyseur des émotions, elle permet – entre autres – de se défouler. Offspring est alors pour moi le symbole de ma rébellion à l'ordre environnant. Dérisoire action quand on y repense mais sur le moment on se sent fier d'appartenir à une culture qui n'est pas celle qui domine. Avec Americana, j'ai le sentiment de me rapprocher d'une culture différente, qui me convient mieux.
Il faut reconnaître que le cinquième effort d'Offspring est pratiquement sans faute. Un comble pour un groupe qui se veut punk. Les riffs sont envolés, la rythmique ardente. Il transmet une énergie ensoleillée parsemée de délires de jeunesse. La réalité des textes est tout autre : Americana entend bien mettre en lumière l'illusion de la vie tranquille des États-Unis. Que ce soit à travers "The Kids Aren't Alright", "Why Don't You Get a Job?" ou la chanson éponyme le groupe insiste sur la réalité dérangeante de la société américaine.
Paris, 2012. Jeune adulte, il m'arrive encore de me pencher sur ce que j'écoutais étant plus jeune. Et les souvenirs défilent par dizaines. Mais je n'apprécie pas cette musique par un unique sentiment de nostalgie. Si parfois de la soupe de la décennie précédente arrive à m'émouvoir, bien souvent les chansons qui étaient de qualité à l'époque le sont toujours aujourd'hui. Et Americana fait partie de cette catégorie.
Ce qui marque particulièrement sur cet album c'est la présence appuyée de la « touche » Offspring. Ce petit quelque chose, l'effort particulier pour rendre une chanson différente. Deux morceaux bénéficient de cet apport sur le présent disque. Et bizarrement ils appartiennent au répertoire le plus connu et le plus décrié du groupe : "Why Don't You Get a Job?" et "Pretty Fly (For A White Guy)". Ceux-ci sont l'emblème du rejet par les punks purs et durs. Beaucoup ont décrié une approche plus pop, alors qu'elle est en réalité plus ska. Et si on peut ne pas aimer voire regretter cela, on ne peut toutefois pas diminuer l'apport fait à la musique par Americana.
L'album de la trahison : Offsprings qui vend son âme au diable, accessoirement appellé Sony, pour un album ultra-commercial. La trahison suprême pour les fans de punk : aller sur une major !
Cet album, que tout adolescent boutonneux prépubère se devait de posséder à sa sortie, n'est pourtant en soi pas spécialement mauvais, juste beaucoup plus commercial que ses prédecesseurs. Offsprings perds son caractère engagé (enfin pas totalement et c'est tant mieux) qui avait fait distingué ses précédents albums de groupes comme Green Day, on a donc le droit parfois à des paroles (et surtout à des clips) bien "teens" (avec tous les défauts que ca apporte). Au niveau des compositions, Offsprings s'en sort bien comme d'habitude même si ces dernières sont beaucoup moins violentes qu'avant ( il suffit d'écouter Smash, leur précédent album, pour s'en rendre compte) et beaucoup plus mélodiques avec des chorus sympathiques. On a même le droit à une excursion avec une fanfare ! Le hit tiré de cet album était "Why Don't You Get A Job", mais ma préférée reste quand même "She's Got Issues" avec ses riffs de guitare bien placé et ses percussions assez peu courantes. Bon pour ternir un peu le tableau, Americana étant pour moi loin d'être un chef d'oeuvre, cet album n'apporte rien de bien particulier dans le paysage Punk Rock "Teens", car même s'il se distingue par ses mélodies bien trouvées, il reste un album un peu tout con-con (on m'excusera l'expression) pour adolescents, avec paroles et clips adaptées pour un public jeune (jeunes filles peu vétues, etc... on se croirait en train de regarder American Pie). Je préfère quand même quand Offsprings était sur un label et nous sortait des bons brulôts (autant au niveau des paroles que des musiques), mais l'appat du gain les a éloignés de cette voie presque "underground" pour les amener vers des rivages plus commerciaux : dommmage...
Au final, cet album est le premier de la commercialisation de Offsprings (le groupe continuera ensuite dans cette lancée avec Conspiracy Of One). On regrette ce passage sur une major, même si l'album reste sympathique. Allez, je suis gentil je le note "Bon".
Bouh ! qu'il est vilain cet album. Surproduit, gluant, il est loin d'être convainquant. Les Offspring sont (déjà) en bout de course et ça se sent : plus de jus, plus d'inspiration, pas de tranchant. Le chant est soporifique au possible. Bref, un album FM 100% camomille : une écoute, et au dodo. Mieux vaut se réécouter sa collection de Rancid.
MrPixel 23/09/2011 avis:
Un de mes albums préférés ! Un des meilleurs de Offspring aussi ! Je ne lui mets "que" 8 car l'album compte de trés bon titres (dont les excellents "Why Don't You Get A Job" et "The Kids Aren't Right") mais les autres morceaux sont moins bons et sont juste sympas à écouter. Néanmoins "Amercicana" DOIT être écouté une fois dans sa vie !
zvlörg 10/08/2009 avis:
absolument d'accord avec black punker, la période dite commerciale d'offspring ne concerne en fait que 3 ou 4 titres pas plus, le reste de americana, tout comme celui de conspiracy et ixnay, restent très punk, avec un son lourd et des riffs rapides dignes de nofx (d'ailleurs j'ai toujours pensé que nofx est le groupe le plus proche d'offspring)
jonath.diy 23/07/2007 avis:
san conteste le meilleur album de The Offspring qui en plus contien leur meilleur chanson : "The kid's aren't alright"
Black punker 20/07/2007 avis:
Moi, j'adord ce groupe, que se soit n'importe quel album, je ne suis jamais déçus, mais il est vrai que americana est un album plus commercial avec des chansons comme pretty fly et why dont get a job et cela peut d"égouter lorsque l'on est super fan des anciens titres mais lorsque on ecoute walla walla, shes got issues ou encore have you ever, on retrouve les riff survitaminer à la punk des anciens album, enfin moi je trouve, j'adore cet album, il déchire, malgré que pretty fl!!y et why dont get a job me soul.
julien 24/03/2007 avis:
Musicalement rien à dire car on peut parler d'un déchainement à la batterie, une guitare qui est bonne aussi et d'une basse impeccable; pourtant on ne parle de cet album qu'à travers PRETTY FLY et WHY DON'T YOU GET A JOB: la première est sympa mais c'est une chanson délire et à ce moment là le groupe perd de sa crédibilité malheureusement et la deuxième est plus une ballade avec pour la première fois un saxo et dans le clip une sorte de fanfare apparait. Donc rien à voir avec IGNITION et même SMASH; mais de bonnes chansons subsistent comme THE KIDS AREN'T ALRIGHT avec sa très bonne intro à la guitare et meilleure chanson de l'album, la reprise de FEELINGS( écoutez le son de guitare de Noodles!), SHE'S GOT ISSUES qui ressemble à SELF ESTEEM, STARING AT THE SUN s'en sort bien aussi et HAVE YOU EVER également
Le reste de l'album est plus rapide et c'est peut-être ça qui fait qu'au final c'est un peu décevant comme WALLA WALLA( chanson délire malgré les paroles qui parlent d'un homme qui va finir sa vie en prison), THE END OF THE LINE et NO BRAKES. AMERICANA( la chanson) décoit un peu malgré le bon début où guitare, basse et batterie s'accordent harmonieusement puis PAY THE MAN avec les trois premières minutes où ce n'est que de l'instrumental faisant penser à de la musique indienne( je me trompe ou pas?) puis une voix toute douce se met à chanter( ces 5 premières minutes sont relativement bonnes) et l'on passe ensuite à quelque chose de radicalement différent où HOLLAND se remet à chanter de plus belle mais pourquoi avoir composé une chanson où il semble y avoir deux voix différentes et des instrumentaux différents en somme deux parties distinctes dans la chanson?
Enfin le chanteur gueule et sonne faux surtout à partir de WALLA WALLA dommage car sur le deuxième et troisième album c'était impeccable mais je ne peux m'empêcher de trouver cet album bien
Et l'ambiance est différente sur cet album: les fans de SMASH et même de IGNITION risquent d'être légèrement déçus et de nouveaux fans apparaissent