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STYLE : Pop Rock

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George Harrison - All Things Must Pass - 1970

Disque 1
1I'd Have You Anytime
2My Sweet Lord
3Wah-Wah
4Isn't It A Pity
5What Is Life
6If Not For You
7Behind That Locked Door
8Let It Down
9Run Of The Mill
10I Live For You (Bonus)
11Beware Of Darkness (Bonus)
12Let It Down (Bonus)
13What Is Life (Bonus)
14My Sweet Lord (2000)(Bonus)
Disque 2
1Beware Of Darkness
2Apple Scruffs
3Ballad Of Sire Frankie Crisp (Let It Roll)
4Awaiting On You All
5All Things Must Pass
6I Dig Love
7Art Of Dying
8Isn't It A Pity (Version Two)
9Hear Me Lord
10It's Johnny's Birthday (Original Jam)
11Plug Me In (Original Jam)
12I Remember Jeep (Original Jam)
13Thanks For The Pepperoni (Original Jam)
14Out Of The Blue (Original Jam)

      Victor


09/09/2006    

1970. "All Things Must Pass". Triple album. George Harrison bluffa tout le monde...

Mais Harrison étonnait déjà en 1963, alors qu'il n'était qu'un jeunot âgé d’à peine 18 ans. Sa toute première composition, "Don’t Bother Me" sur l’album With The Beatles, était une chanson tout à fait intemporel et prenante ! Après avoir plus ou moins recopié les chansons de Lennon et McCartney jusqu’à l’album Help!, il se forge sa propre identité musical, écoute Ravi Shankar et n’apporte rien de moins que la sitar dans la pop-music. Il devient ainsi un fier défenseur de la nation psychédélique et ces interventions sur Rubber Soul, Revolver et Sgt. Pepper’s, quelles quelle soient, sont toutes brillantes, à la fois étranges et tellement accrocheuses. On lui reproche même d’installer même une certaine lassitude sur Sgt. Pepper’s avec sa composition orientale Within You Without You. Néanmoins, il apprend auprès de ces compagnons, toujours prompt à l'aider dans sa tâche.

En 1968, il se paie même le luxe de composer une musique de film titré Wonderwall Music, premier excursion d'un Beatles hors de son cocon originel. Alors vient le Blanc. Il y dépose cette perle de raffinement, d’arrangement et d’accompagnement (l'irrésistible solo de Clapton) qu’est While My Guitar Gently Weeps, et égale voire surpasse pour la première fois Paul et John. Tout ce qu’on demande d’une chanson pop est ici: mélodie sublime, orchestrations ingénieuses, voix qui vous transporte vers d’autres horizons et le solo, ce solo qui transcende tout pour définitivement emballer. Mais il ne s'arrête pas là et, l'année suivante, compose un album de musique expérimental où il expérimente le Moog que les Byrds avaient déjà usité un peu auparavant. S’en suit les séances de Let It Be. Les relations entre les Beatles s’enveniment. Finalement, l’album verra le jour après le suivant. Abbey Road , quand à lui, est un happy end et le moment transitoire pour Harrison qui commence à révéler son ambition nouvelle. C’est en vérité sa dernière chance de prouver qu’il n’est pas l’homme de main des Beatles, celui dont on a besoin pour le petit remplissage final. Ses deux compositions, "Something" et "Here Comes The Sun" sont les bijoux absolus de ce chant du cygne.

Fin 1970, Lennon batifole avec Yoko Ono, Harrison jamme avec Clapton, Macca retourne à la campagne, et Ringo… euh, bon bref les Beatles ne se supportent plus. McCartney annonce finalement son départ des Beatles. Le groupe se sépare. Enfin débarrassé d’un poids, Harrison profite à fond de sa nouvelle vie et traîne un peu avec tout le monde : les anciens Beatles (Ringo et Lennon), Clapton, Dylan, le Band, Billy Preston, Gary Brooker (Procol Harum)… Mais soulagé du carcan Beatles, ces forces créatives se libérent. Tout ce qu’il avait enfouie en secret, au plus profond de lui-même, il l’extirpe, le dissèque et commence à le mettre en forme.

Et, le résultat est dantesque !… Car ce qui en ressortira est un triple album, le premier en date dans l'histoire du rock. Aujourd’hui réédité en double avec bonus, All Things Must Pass ne contient rien de moins que dix-huit pop-songs mirifiques, inspiré du folk, soul, du blues et de la country dont toutes ont une moyenne de quatre à cinq minutes (et parfois bien plus) ! "All Things Must Pass" vaut n’importe quels albums des Beatles. Harrison est à son sommet et rien ni personne ne peut l’en faire descendre. Qui pouvait imaginer qu'il avait emmagasiner une telle somme de mélodies pop savantes à trois accords préfigurant Oasis, de telles paroles touchantes et spirituelles, et surtout de tels classiques. "My Sweet Lord" est sans doute sa chanson la plus universelle. "Isn’t It A Pity" et "Beware Of Darkness", le rutilant "Wah-Wah", le folk "Apple Scruffs", "What Is Life", "Let It Down"... que de belles choses il avait dans son sac !... Mais ce qui reste également le plus époustouflant, c’est la formidable assimilation de genres aussi variés, du reste, formidablement interprétés. On trouve à peu près de tout et on n'est jamais dans la caricature.

On est bien ici devant le meilleur album post-Beatles fait par un Beatle. A côté les deux premiers Lennon et les McCartney (même les meilleurs), c'est du brouillon. Chose rare: Harrison ici surpasse de loin ces anciens compagnons, ce qui élimine du coup l'image toute faite du "troisième Beatle".


Avis de la Team

Les internautes ont la parole! : 4 message(s)    Laisser un message

Meaulnes  17/04/2008    avis

On parle beaucoup d' "Imagine" et "Plastic Ono Band" de John Lennon. Beaucoup pensent que l'un de ces deux opus tient le rôle de meilleur album d'un Beatle après leur séparation. A ces personnes, j'ai envie de leur dire "Ecouter All Things Must Pass" et vous changerez d'avis. Je ne pense pas galvauder le terme le terme de "culte" en voulant attribuer à cet album ce statut.
Alors certes John Lennon est un très grand, Paul McCartney est un très grand mais George Harrison l'est tout autant qu'eux, la preuve en est là..


Clash  18/09/2006    avis

Une citation de George Harrison à propos de ce disque : 'imaginez que vous êtes constipé pendant des années, et que, d'un coup, vous avez la chiasse : tout se libère, et c'est ça, pour moi, "All things must pass", après toutes ces années chez les Beatles'. Pas très élégant, mais tellement fort...


Clash  18/09/2006    avis

Et si c'était "All Things Must Pass", le plus grand disque au monde ?
Splendeur absolue que je possède (ô joie suprème !) en vinyle, triple album, car les 5 derniers titres du disque 2 (les jams) sont l'intégralité du court troisième disque original...
En fait, il n'y à que 5 bonus tracks, les 5 derniers morceaux du CD 1...


Jack  09/09/2006    avis

Bel hommage que tu fais la "macca" !!! Ce Georges Harrison est vraiment un ange mysterieux de la guitare... Il savait tout jouer, le blues élémentaire, la country, le rock'n'roll, la world music (bien avant tout le monde), la pop, du psyché etc.
D'ailleurs ces parties guitares sont toujours élégantes et soutiennent les morceaux des fab four à merveille...
Le pire, c'est que ça parait simple mais lorsqu'on se penche sur son jeu de guitare, on comprend la difficulté du placement et aussi de l'intelligence des harmonies. Sans parler de son jeu au bottleneck tout à fait novateur !
Le seul reproche que l'on peut lui faire c'est son humilité et sa discrétion, et ainsi il apparait rarement comme un guitariste d'exception et pourtant il a fait avancer le schmilblick.
So long Georges...



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