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STYLE : Grunge

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Alice In Chains - Alice In Chains - 1995

1Grind
2Brush Away
3Sludge Factory
4Heaven Beside You
5Head Creeps
6Again
7Shame In You
8God Am
9So Close
10Nothin' Song
11Frogs
12Over Now

      DocSavage


12/04/2011    

La révélation mélancolique

Il y a maintenant 5 ans, alors que ma vie se partageait entre une stérile végétation quotidienne et une passion tout aussi inutile pour le basket-ball, je découvris la musique. A l'heure où Pussycat Dolls, Akon et autres David Guetta envahissaient toutes les bouches de la récréation, je me réfugiais avec solitude dans ce que j'appellerais l'album du dépucelage : l'éponyme du groupe heavy Alice In Chains (1995). Fasciné, je le fus tout d'abord à la vision de cette pochette tragico-mélancolique, représentation photographique d'un chien sans quatrième patte, toujours debout. Je ne connaissais à l'époque rien du groupe, rien du rock, rien de la musique, et cet artwork dérangeant fut la première raison de mon acquisition.

Fasciné, je le fus ensuite par une voix. Celle de Layne Staley, alors artiste brisé bringuebalant entre ses deux amours, cocaïne et héroïne. Tantôt apaisée, tantôt déchirante, elle réveilla en moi un mal être à la fois déstabilisant et bienveillant. De ses coruscantes et diaboliques intonations, Layne maugréait son ras-le-bol d'une vie abstruse et insaisissable à travers 12 titres qui pourraient se résumer avec ces seuls vers, tirés de "Brush Away" : "I try to get away / And yet I stick around / So fall and crawl away / And brush away loose ground" ("J'essaie de m'en sortir / Et pourtant j'y reste fidèle / Alors je tombe et je rampe / Et je chasse ma raison"). Alice In Chains, ou la leçon de vie d'après un cocaïno-héroïnomane. Bien sûr, ces incantations n'auraient eu aucun retentissement si les musiciens accompagnant le précepteur étaient exempts de talent. Jerry Cantrell, sorcier harmoniste appuyé par une section rythmique démoniaque, nappait chacun de ses sortilèges de somptueux riffs, déroutants, tiraillants, déchirants... Alice in Chains, ou la fantasmagorie suprême.

Fasciné, je le fus enfin et surtout par ma réaction émotionnelle à l'écoute de l'album : la logique aurait voulu que l'exposition de mon petit cerveau vierge de tout malheur à une telle déferlante céleste et mortuaire me renverse dans tous les sens. Il n'en fut rien. Au contraire même, je me sentais libéré. Comme si la mascarade du sur-protectionnisme parental m'avait été révélé. En une heure de temps, j'avais grandi de dix ans. Je pris alors une décision, jamais trahie jusqu'alors. Je ferai de ma vie un sanctuaire musical, soit en écoutant, soit en pratiquant, soit en écrivant. J'ai aujourd'hui la chance de faire les trois.

Sombrez dans Alice In Chains, il changera peut être votre vie.


      Tagomago


24/07/2007    

Morbide, malsain, froid, désenchanté, désespéré…tels sont les épithètes qui me viennent à l’esprit en songeant à ce dernier album d’Alice In Chains, éponyme, sorti en 1995, alors que le chanteur du groupe, Layne Staley (mort en 2002 d’une OD bien méchante), était littéralement vautré dans la came.

Par certains cotés, la pochette, qui représente un chien à trois pattes au regard triste et implorant (et en tout cas, tout sauf méchant – photo non truquée), représente aussi ce qu’était AIC au moment de l’enregistrement de cet ultime sursaut : un groupe mutilé d‘un membre, le chanteur étant de plus en plus ‘ailleurs’.

Rarement un disque aura été aussi putride que celui-là. On pourrait largement qualifier Alice In Chains (aussi appelé Grind, rapport à la première chanson) d’album de terreur des années 90. Chaque décennie aura eu son album de terreur. Dans les années 70 ,le premier album éponyme de Suicide (1977) a fait l’affaire. Dans les années 80, ce fut au tour de des Cure d’avoir cette attribution. Dans les années 90, place au grunge ! Et quitte à me faire des ennemis ici (vu la manière dont j’ai parlé de Nevermind, ça risque d’empirer…), je le proclame : ce disque d’AIC est incontestablement le plus grand disque de grunge jamais fait, et AIC est aussi le plus grand groupe de grunge au monde. Non, le grunge n’est pas mort en 1994 avec ce blondinet de Kurt. Il est mort en 2002, avec cet autre blondinet de Layne.

L’album contient bon nombre de titres terrifiants pour les oreilles sensibles et pro-formatées variétoche : Grind démarre même par un riff hurleur de Jerry Cantrell, et ces paroles, à moitié chantées par Cantrell (qui chante sur quelques titres, compte tenu que Staley était à moitié dans le coaltar pendant l’enregistrement) : In the darkest hole/You’d be well advised/Not to plan my funeral/Before the body dies (« Merci de m’enterrer dans le trou le plus noir, mais pas avant que je ne meure »). Total allume-gaz. Une petite chanson acoustique pour calmer le jeu en quatrième position (Heaven Beside You) n’empêche pas le voyage d’être éprouvant : Head Creeps, Sludge Factory, les riffs gothiques de Again, la froideur lancinante de Frogs…L’album totalise presque 65 minutes de pure morbidité, et le dernier titre, Over Now, débutant par une sonnerie aux morts et chantée par Cantrell, marque non seulement la fin du disque, mais aussi celle du grunge, du groupe, et même de la vie. Après ça, plus rien. We pay our debts sometimes, chantent Cantrell et Staley.
br>On aura aucun mal à croire ceux qui disent qu’ils ont beaucoup de mal à écouter l’intégralité du disque sans éprouver le moindre frisson…On sent bien, en écoutant Alice In Chains, que quelque chose s’achève ici. En attendant, cet album reste incroyablement fort, et totalement indispensable.


Avis de la Team
DocSavage
KlOwN
Roquentin
Ulyssangus

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bijou  10/09/2009    avis

Un disque sombre et envoutant. En reprenant l'affaire là où les Melvins l'avaient laissés alice in chains l'a magnifié. Ce groupe n'a rien inventé, et j'en veux pour preuve le rythme assez lent des chansons de l'album sur la meme base que les premiers albums des Melvins. Maintenant comparer suicide et Alice me fait un peu sourire, car enfin ces sont deux styles différents,de plus Suicide a livré son album en plein mouvement punk alors qu'alice a livré cet album en 1995 quand l'affaire (c'est à dire le grunge un genre musical?) était entendu depuis longtemps.TAGOMAGO à ta place (car j ai horreur de faire des comparaisons au nom de l'éthique punk)j aurais plutot fait un paralléle entre alice in chains et joy division.Joy division est arrivé après la vague punk et ses deux albums morbides ne doivent rien à personne alors qu'alice in chains ont livré cet album excellent mais qui doit tout à ses predescesseurs(melvins, soundgarden,mudhoney, flipper, pixies,nirvana,black flag,butthole surfer et j en oublie). Plus simplement joy division avait un talent bien à eux (fondateur de la cold wave et de la musique gothique)et ont clos le punk définitivement quand alice in chains n a fait qu appuyer sur le coté sombre de la guitare influencé par tous ces groupes. De plus je rappellerai quand meme que Le grunge n'a jamais existé en tant que genre musicale ce sont les producteurs de sub pop qui ont fait monter la sauce avec ce terme pour désigner le courant musicale de la cote ouest des etats unis à la fin des années 80.Mais alors Alice in chains, Pearl Jam n'existaient meme pas à cette epoque , comment peux t on les qualifier de groupes grunges ?


JFL  27/01/2009    avis

J'ai découvert AiC avec cet album et ne m'en suis toujours pas remis...c'est simple, Alice in Chains est pour moi l'un des meilleurs albums que je connaisse, superbement construit, parsemé de riffs aussi sombres qu'efficaces, sans oublier une certaine accessibilité (moins marquée cependant que sur Dirt); c'est pour moi ce qui fait toute la force de ce groupe. Cantrell et Staley empruntent autant au metal et au heavy qu'à la folk et au blues. Il suffit d'écouter successivement "Again" (perle métallogrunge) et les couplets de "Over Now", presque lumineux au milieu de tant de noirceur. Sur cet album, Staley n'est plus "borderline" comme sur Dirt, à évoquer sans cesse la mort; désormais, il joue avec, il est de l'autre côté, définitivement. Et malgré tout, il ne faut pas être suicidaire ou maniacodépressif pour apprécier totalement cet album, qui contentera, et c'est bien là le plus important, tout amateur de bon gros rock. Des tueries telles que "Grin", "Over Now" ou l'immense "Sludge Factory" et son riff final étouffé consacrent défibnitivement AiC au rang de grand groupe de son époque.


Seijitsu  21/01/2009    avis

Cet album a mauvaise réputation par rapport à Dirt, pourtant il n'a rien à lui envié. Encore plus sombre et dépressif que ce dernier, ce disque nous enfonce dans un gouffre sans fin où les émotions humaines positive n'existent pas. Si vous ne juré que par la variété tout gentille, toute mimi, n'écoutez pas ce CD vous allez souffrir. Les autres si vous êtes prêt à faire un voyage en enfer, allez y ça vaut le coup. D'autant plus que la voix de Staley à moitié défoncé renforce le côté oppressant de cette œuvre. Alice in Chains disparaitra après cet album et nous quittera en 2002 à la mort de Layne Staley. Dommage car ce fut une grosse perte pour la musique et ce disque en est la preuve. "The best" de AiC à ranger religieusement à côté de Dirt, de Badmotorfinger et Superunknown de Soundgarden, laissez tomber les autres groupe grunge de l'époque, ils ne leurs arrivent pas à la cheville et en particulier Nirvana. Note: 9.5/10


Milk  18/10/2008    avis

Le meilleur album d'Alice In Chains, et pourtant beaucoup plus sous estimé que Dirt (c'est comme Nevermind envers In Utero) Layne réussi la rétranscription parfaite de sa souffrance à travers la musique, les paroles et sa voix. Un diamant noir, mais comme lui, est éternel.


jamékonten  30/07/2007    avis

Moins mythique que "Dirt" et pourtant je ne peut m'empêcher de trouver cet album meilleur car plus aéré, plus riche et plus lumineux que son prédécesseur ! A.I.C constitue ici la quintessence d'un rock sans concession, puissant et salvateur aux antipodes d'une génération ignorante gavée à la formule "Nevermind" !



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