1973 ALADDIN SANE … POP STAR…
Lorsque David Bowie décide de prendre l’Amérique à bras le corps, un an à peine après s’être métamorphosé en créature intergalactique, c’est presque sans transition que les regards du public se tournent vers un nouveau dieu dont le visage blafard s’illumine d’un éclair pourpre. En jouant sur l’effet de surprise, mais sans se défaire de cette androgynie si singulière, l’artiste s’affranchit d’une image dont il aurait pu se rendre prisonnier et confirme son extraordinaire aptitude à rebondir sur l’air du temps. Nouveau personnage ambigu, pour un album mariant sa décadence glam à des atours plus bruts que son prédécesseur, Aladdin Sane nous transporte sur un tapis de perversion rock, comme de pop moderne, dont l’éloquence n’a d’égale que sa liberté de ton.
Plus exigeantes, plus théâtrales que sur l’incontournable Stardust, les chansons sont ici autant de traces d’une époque, que la rencontre d’un créatif avec les tonalités, les influences dont seront ourlées ses productions futures. En fait, Bowie est un novateur, le parfait exemple du brasseur de tendances avec lequel un morceau qui serait passé inaperçu en d’autres mains, devient un concentré d’audace s’écrivant en oblique. Alors qu’évoquer l’homme en revient à parler d’un des plus grand illusionniste que le rock n’ai jamais porté, rendons grâce au mince duc blanc d’avoir su visiter la musique loin des sentiers battus d’avance.
Allusion dans le titre à un frère en souffrance « a lad insane », si ce disque semble lui aussi sujet à quelques désordres, la forme de dépendance qui résulte de son écoute en signe l’éternelle actualité. En ajoutant à cet exercice périlleux, la présence improbable d’un piano jazzy venu jouer les flambeurs héroîques sur nombre de titres, quelques injections soul ça et là, plus un degré de folie supplémentaire lorsque déjà tout semble perdu, notre Aladdin des temps modernes cumule à nouveau les facettes, quitte à se prendre lui-même à un jeu dans lequel il cherchait à nous compromettre. Clin d’œil au Berlin des années trente, dérapage contrôlé dans les rues de Detroit ou voyage au bout de l’enfer sur Time, en puisant jusqu’à satiété dans l’excessif, ce disque confirme tout le génie de son auteur.
Crooner paranoïaque ou caméléon excentrique, David Jones marque une fois de plus son territoire sous les coups répétés d’un éclectisme musical hors norme. Visionnaire, opportuniste touche à tout habillant de paillettes sucrées salaces un rock, cette fois-ci, beaucoup plus agressif que par le passé, l’homme qui vendra d’ici quelques années son âme au diable de la facilité conforte, avec la manière, son statut de vraie pop star.
| Avis de la Team | | |  | | StarChild |  |
Les internautes ont la parole! : 4 message(s) Laisser un message | Rockfan 28/12/2010 avis: |  |
Je me suis procuré cet album en format vinyle et en parcourant les paroles des chansons sur la pochette tout en écoutant le disque, je suis tombé amoureux dès la première écoute. Les titres rock entrainant(Watch that Men, Cracked Actor, let's spend the night together) qui donne une bonne énergie à l'album. Mais c'est avec des titres plus expérimentales tels que Aladdin Sane, Lady Grinning Soul et surtout Time que l'on trouve les sommets de l'album surtout grâce au piano jazzy qui leur donne un charme unique. Un album aux mélodies accrocheuses qui est un must pour tout amateur de rock. À connaitre du moins par le morceau Time qui reste l'un de mes préférés de Bowie !
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| axel 13/03/2009 avis: |  |
Pas terrible ce disque. A part Aladdin Sane (1917-1938-197?) Time et le génial Lady Grinning Soul, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent et le son est plutôt brouillon.
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| simon 21/09/2008 avis: |  |
Un chef-d'oeuvre incontournable, un must du rock !
Plus expérimental que son célèbre prédécesseur, il restera le plus grand album Rock de David Bowie, son meilleur des années 70.
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| rain singer 18/01/2008 avis: |  |
C'est le seul disque de Bowie dans lequel je n'ai pas l'impression qu'un ou des morceaux se détachent du lot. A l'inverse, le grand hit du disque (Jean Genie) ne me semble pas être un des titres les plus intéressants. Le son, porté par un piano avant-gardiste, est assez original. Pas du tout bon (il y a quand même des titres pas franchement indispensables) mais néanmoins, ce que je considère comme peut-être l'album (vu comme un ensemble) le plus abouti de Bowie.
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