Présentation. La recette est désormais connue. Un album soutenu par une histoire (ici un mix entre « Le Seigneur des Anneaux » et « Star Wars »), un casting affriolant de chanteurs et de musiciens et vous tenez entre vos mains ce qu’il est convenu d’appeler un « opera metal ». Le chef du projet est Robert Hunecke-Rizzo. Mais il est assurément plus vendeur de mettre en avant le nom de Paeth qui est le producteur d’une ribambelle de formations aux noms plus que célèbres mais c’est son collègue et bassiste au sein d’Heaven’s Gate qui s’en est chargé. Ne sous-estimons pas cependant l’influence qu’a pu avoir Sascha sur la gestation de cet album ; il est tout de même producteur et a participé à d’autres projets similaires tel qu’Avantasia. Le projet est donc porté par Robert et Sascha aidés par Miro et Amanda Somerville qui s’est chargée d’écrire l’histoire.
Ingrédients : Ceci réglé, passons aux festivités et tout d’abord un petit regard sur la liste des convives. Aux voix nous avons : Olaf Hayer (Luca Turilli, Dionysus), Marko Hietala (Nightwish, Tarot), Glenn Hughes (ex-Deep Purple), Sass Jordan, Michael Kiske (ex-Helloween), Andre Matos (ex-Angra, Shaaman), Candice Night (Blackmore’s Night), Thomas Rettke (Heavens Gate), Cinzia Rizzo, Tobias Sammet (Edguy, Avantasia), Amanda Somerville (ex-Kamelot), Rannveig Sif Sigurdardottir, Simone Simons (Epica), Sebastian Thomson, Damian Wilson (ex-Threshold).
Côté instruments la liste est tout aussi prestigieuse. Au groupe formé de Robert Hunecke Rizzo à la guitare/basse/batterie, Sascha aux arrangements et de Miro (Luca Turilli) aux claviers s’adjoignent une flopée de guests parmi lesquels Jens Johansson (Stratovarius), Derek Sherinian (ex-Dream Theater), Erik Norlander (Lana Lane) aux claviers ou Emppu Vuorinen (Nightwish) et Thomas Youngblood (Kamelot) aux guitares. Rajoutez à tout cela une chorale d’enfants et la présence d’Olivier Hartmann (ex-At Vance, Empty Tremor, Genius) aux chœurs et voilà un bien beau monde. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne fasse pas illusion.
Entrée : Direction le buffet avec « Aina Overture » qui fait office d’entrée. Arrangements orchestraux, rythmique speed, la couleur est annoncée dès le début : Aina sera un opera metal à dominante power.
Plat de résistance : Le power est bien à l’honneur si l’on s’en tient aux titres speed « The Flight Of Torek », « Revelations », « The Siege of Aina », « Naschtock Is Born », « Oriana’s Wrath », « The Beast Within » et « Rebellion ». On salue l’incroyable prestation de Tobias Sammet sur le très classique mais pas moins efficace « The Flight of Torek » au refrain survolté et celle de Glenn Hughes, aussi étonnante que majestueuse, sur le speed « Rebellion ». « The Siege of Aina » et « Naschtok is Born » laissent transparaître des influences orientales qui donnent une coloration sombre à l’ensemble et dévoilent les aptitudes de Thomas Rettke et d’Olaf Hayer à assurer un chant clair et puissant. Le point d’orgue est atteint quand Marko Hietala, Thomas Rettke, Sassa Jordan et la soprano Rannveig Sif Sigurdardottir s’allient pour livrer le monument qu’est « Oriana Wrath », Sassa s’y distinguant par son timbre particulier.
Les parties instrumentales sont admirablement exécutées. De ce point de vue, les interventions au clavier sont les plus marquantes et parmi les plus intéressantes parties de cet album. En effet Jens et Derek en particulier, respectivement sur « Revelations » et « The Siege of Aina », apportent un plus non négligeable au projet. Ce serait cependant faire une erreur monumentale que de résumer Aina à un simple album de power. Outre les ballades, le fabuleux « Serendipity » et le mielleux aux airs de mauvaise B.O « Silver Maiden » toutes deux interprétées par le sieur Kiske apparemment à l’aise dans ce type de projet, ainsi que le très classique « Rape of Oria » incarné par Candice Night, Aina recèle de titres qui sortent du lot et qui osent arpenter des chemins moins balisés. Au nombre de ceux-ci il faut mentionner "Talon’s Last Hope" où se mêlent le ton bluesy de Glenn Hughes et celui plus enchanteur d’André Matos ou le très entraînant « Son of Sorvahr » teinté d’influences hard 70’s où T.M. Stevens, bassiste de Tina Turner et de Steve Vai, laisse éclater tout son talent.
Dessert. En bonus, la version limitée nous propose un second disque avec des versions différentes de certains titres hormis la première piste qui reprend les thèmes musicaux développés sur l’album avec le seul orchestre. On y trouvera aussi un dvd qui retrace l’histoire d’Aina, accompagnée d’un making of et d’un clip. Des bonus à l’intérêt limité mais qui devraient ravir les fans d’heroic fantasy.
Digestion facile, bon appétit.
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