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STYLE : Metal Masturbé

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Dream Theater - A Dramatic Turn of Events - 2011

1On the Back of Angels
2Build Me Up, Break Me Down
3Lost Not Forgotten
4This Is the Life
5Bridges in the Sky
6Outcry
7Far From Heaven
8Breaking All Illusions
9Beneath the Surface

      Religionnaire


22/09/2011    

Plutôt que de prononcer une énième et inutile sentence face à une œuvre toute aussi énième et inutile, le Religionnaire vous gratifie ce jour d'une rétrospective volontairement ciblée sur le véritable domaine d'expertise du groupe : la mise en scène dont les aspects pathétiques et burlesques témoignent d'un admirable savoir-faire.

Le départ de l'arroseur arrosé, ou comment le largueur devient largué sans même pouvoir passer pour une victime

Le plus narcissique des batteurs, qui se considère également comme un admirable chef d'entreprise, se voit contraint de sacrifier l'une de ses filiales sous peine de ne pouvoir éviter un dangereux surmenage professionnel. Bien loin d'imaginer que ceux qu'il considère comme ses employés puissent continuer sans lui, il prépare fièrement un départ théâtral qui doit précéder une dramatique dissolution au sein de laquelle il tiendra le rôle le plus glorieux. Hélas, le reste de l'équipe ose envisager la survie et poursuivre les abominations commises depuis plus de vingt ans, un cas de figure tellement improbable que le souverain batteur n'avait même pas pris la peine de s'en préoccuper. Dans cette position inconcevable, surréaliste, et tellement incompatible avec la vision si grandiose qu'il a de lui-même, les émotions se bousculent : colère, sentiment d'injustice, jalousie, sensation de vide intérieur, angoisse puis désespoir. Il ne parvient alors guère à se soulager autrement qu'en adoptant une position résolument antagoniste : celle d'un pleurnichard qui regrette son geste au point de supplier ses camarades de lui pardonner. Nouvelle effronterie toute aussi impardonnable : ces derniers refusent de le réintégrer. Le batteur reprend alors progressivement ses esprits et tente de sauver sa réputation en rationalisant ses conduites auprès du public : sa décision était la plus sage, le groupe devait s'arrêter mais ses collègues ne semblent pas pouvoir s'en rendre compte, il se sacrifie donc pour suivre ce que lui dicte son cœur et rester en phase avec lui-même, rester honnête, lui au moins, contrairement à d'autres. Certains rétorqueront qu'il s'agit de mauvaise foi, que cet énergumène se moque du monde, or il s'agit tout simplement pour lui de la seule manière de se consoler en dehors du suicide.

L'audition-réalité, ou comment rassurer ses fanatiques en leur offrant l'illusion de contrôle

Cette idée se révèle si judicieuse que le Religionnaire ne saurait la mettre au crédit d'un membre du groupe. Le recrutement du nouveau batteur est délicieusement scénarisé sur le modèle de la téléréalité puis diffusé sur le média du vingt et unième siècle. Le public se trouve ainsi parachuté en plein casting sans forcément prendre conscience que d'une, il ne verra seulement ce qu'on veut qu'il voie, et de deux, il est impossible d'appeler un numéro surtaxé pour voter. Le groupe, du moins certains de ses membres, restent seuls décisionnaires et le choix, tout à fait discutable, demeure en revanche cohérent s'il s'agit de rassurer les fanatiques. Il n'échappera à personne que l'heureux élu semble le plus fidèle à celui qu'il remplace. Il s'agit en effet d'un batteur culturiste, aussi doué que dopé, et totalement incapable de la moindre fantaisie. Il n'est certainement pas le meilleur du lot mais s'il fallait choisir le meilleur, ça se saurait : Metallica aurait choisi Les Claypool. Opter pour le plus talentueux expose à une perturbation notable des rapports de forces au sein du groupe, et opter pour le plus original expose à une réorientation stylistique audacieuse mais propice à l'éparpillement des anciens adeptes. En période de crise, il convient d'adopter une posture raisonnable et sécurisante, y compris lorsqu'il s'agit de rabâcher fièrement un genre musical que l'on aime à présenter comme insolent et extravagant mais qui n'est devenu qu'une vaste caricature nostalgique.

Une tournure dramatique des évènements : des vertus rassurantes de la simagrée

Ce nouvel album est logiquement devenu le produit le plus attendu de la maison de disque, les antécédents promotionnels du Religionnaire se trouvant une nouvelle fois récompensés par une délicieuse "copie pour publicitaires amateurs". Cette œuvre devait donc être rapide mais surtout rassurante, et c'est le cas : en se basant uniquement sur elle, il est tout bonnement impossible de retracer les évènements de l'année précédente et notamment le changement de batteur. Dream Theater n'a jamais autant sonné comme lui-même, ce qui peut facilement amener à penser que tous les musiciens pourraient être remplacés sans répercussions "musicales". L'ensemble des chroniqueurs de la toile et du papier s'empresseront de proclamer une œuvre "DT conforme" à recommander aux adeptes mais ne se préoccuperont guère, une fois de plus, de la population des non croyants. L'algorithme 2011 semble avoir été judicieusement mis à jour au point que certains n'hésitent pas à brandir la spectaculaire ritournelle du "meilleur album depuis […]" (espace à remplir selon l'obédience du fanatique en question). Or il suffit simplement de prendre un peu plus de hauteur, de s'élever au-delà de l'échelle de la discographie du groupe, pour réaliser que la différence entre cet album et le précédent est infinitésimale, donc bien loin d'être significative. La surenchère est présente à tous les niveaux et aboutit à près de 80 minutes d'une hyperdensité insupportable. Les riffs foisonnent et suintent en gouttelettes grasses faites d'un mélange d'amphétamines et de stéroïdes, le tout témoignant de l'overdose qui poussa le porte-noix à s'effondrer. Le déchaînement s'interrompt parfois pour laisser la place à des interludes théâtralisants pompés sur les diverses scènes metal noires ou puissantes, ou à ces fameuses ballades répugnantes dont le groupe devrait se débarrasser mais qu'il cultive ridiculement depuis ses débuts. L'intelligence artificielle devient ici inspiration artificielle pour le plus grand bonheur des endoctrinés, pour le plus grand dégout des mélomanes savants. En ce qui concerne Dream Theater, mieux vaut donc rester en dehors de la musique et en savourer la tartufferie.

De l'audition-réalité au tribunal-réalité?

Le malheureux porte-noix pensait pouvoir gérer le divorce avec une dignité toute retrouvée, mais la résignation n'étant pas le point fort du narcissique, celui-ci porte désormais le masque du paranoïaque procédurier, dans la grande tradition de l'adorable Roger Waters. L'action en justice qu'il souhaite mener n'est pourtant pas illégitime mais ce cocktail mêlant vexation, jalousie, frustration et rancune tenace l'empêche de se projeter assez loin pour réaliser qu'il a plus à y perdre qu'à y gagner. Tout l'argent du monde ne peut racheter une réputation, et la sienne est déjà bien entamée. Quelques jours après la parution de ce document officiel, le porte-noix se défend de la moindre intention conflictuelle. Il proclame qu'il ne s'agit que d'une sombre opération de propagande médiatique (une discipline à laquelle il ne saurait se prêter…), que les choses ont bien changé depuis six mois, que cette affaire se réglera certes par avocats interposés, mais sans haine ni violence (comme un braquage réussi). Personne ne pourra donc se vanter d'être allé aussi loin que le porte-noix pour tester la loyauté de ses fanatiques… Si Dream Theater ne peut pas exister sans lui, Dream Theater doit être détruit, et c'est peut-être là, alors qu'il perdra le soutien d'une majeure partie du public, qu'il saura trouver celui du Religionnaire.


Avis de la Team
DocSavage
Religionnaire

Les internautes ont la parole! : 16 message(s)    Laisser un message

le_duff  02/10/2011    avis

Il y a bien une chose qui doit mettre tout le monde d'accord : L'un des principaux points forts de Destination Rock réside dans la lecture des débats enflammés entre le Religionnaire et les fans (encore nombreux semble-t-il) de DT...

J'ai un peu suivi l'affaire Portnoy, je pense en effet que quelque soit le remplaçant, l'album ne pouvait pas s'en trouver forcément boulversé. Le vrai changement serait une remise en cause profonde de l'écriture des autres, des riffs collés comme un patchwork mélant originalité et reprise de Metallica ou autres gloires des 80's ainsi qu'un sens très aigu du clavier qui vient subitement tout gâcher ou au mieux ressembler à Wright des Pink Floyd ou à Wakeman de Yes.

Bref, rien que pour comprendre ce nouvel épisode de cette brouille éternelle entre le Religionnaire et les fans de DT, je vais essayer de coller une oreille à cette nouvelle galette.


The Drunken Sailor  25/09/2011    avis

Très juste ma phrase aurait du être "chaque nouvel album de DT" plutôt qu'une généralisation à l'ensemble des chroniques de leur discographie.


Religionnaire  25/09/2011    avis

Vous voyez de l'acharnement là où vous pourriez voir de la fidélité. Par ailleurs, le religionnaire n'a pas descendu tous les albums... L'auriez vous lu en diagonale?


The Drunken Sailor  25/09/2011    avis

Tout en étant relativement d'accord avec le religionnaire sur certaines critiques concernant DT, j'ai tout de même du mal à comprendre l'acharnement qu'il met a descendre tous leurs albums en flamme, tout n'est bien évidement pas à jeter chez DT et ce quelque soit l'album choisi. Le but du site n'est pas de se mettre tous les fans du groupe a dos, ni de rebuter de potentiels nouveaux auditeurs.


Religionnaire  25/09/2011    avis

Cela voudrait dire que le Religionnaire était amoureux de DT auparavant, or pas vraiment...


Iro22  25/09/2011    avis

Au fil des années, l'amour peut se transformer en respect, ou en sympathie... C'est finalement assez normal qu'après plus de 20 ans tu n'ai plus autant de fougue les concernant! Bon j’arrête mes conneries!


Religionnaire  25/09/2011    avis

Par la grande galaxie! Iro s'improvise psychanalyste et sous entendrait que la haine du Religionnaire cache un amour inavoué... Cette question mérite toutefois d'être abordée. Tout d'abord, le Religionnaire pense avoir désormais pris la distance nécessaire vis à vis de ce groupe pour en parler sans être submergé d'émotions perturbatrices. Ensuite, contrairement à des idées freudiennes malencontreusement implantées dans la population, éprouver un sentiment n'implique pas forcément d'éprouver son sentiment contraire. Cette valse des sentiment peut en revanche s'appliquer à des comportements différents, et notamment des albums différents.
Si le Religionnaire n'éprouve pas de sentiment amoureux envers ce groupe, il admet une certaine sympathie à leur égard, une sorte d'attachement inévitable pour celui qui se retrouve à côtoyer ou à suivre ces gens sur une longue période, et notamment à en connaitre les travers sur les plans individuel et collectif. A ce stade, pour un mélomane qui se respecte, la musique n'a plus aucun intérêt. L'avenir de Dream Theater, c'est la foire médiatique.


Doc Savage  25/09/2011    avis

Eh Iro ! Foi d'un kickboxeur binoclard, ne compare plus jamais Opeth et Dream Theater ! Tu serais d'ailleurs bien surpris de trouver un riff presque stoner dans Heritage ("Famine")...


Iro22  24/09/2011    avis

Rédaction, professionnalisme? Hé oh, on est sur le net, et ceci est un site amateur, donc anti-conformiste et libre. Ici vous aurez de vrais avis, qui parfois vous hérissent le poil lorsque cela bouscule vos groupes préférés et parfois vous confortent dans votre idée, qui ne doit pas forcement suivre celle de la chronique, ici ou ailleurs... Et tant de haine de Religionnaire pour DT ne cacherait pas un vieil amour, peut être inconscient? Les habitués du site auront leur avis sur la question! Pour ma part, je reviens de deux semaines de vacances avec un sampler comme seul fond musical et un titre de DT dessus... Qu'on abatte ce groupe et vite (ainsi que Edguy, Sebastian Bach, Opeth, Anathema et bien d'autre)!


cribcaged  24/09/2011    avis

Totalement d'accord avec religionnaire. Dream theater a arreté de faire de la musique depuis Six Degrees of Inner Turbulence et s'est lancé depuis dans un marketing outrancier et sans finesse... Dommage ce groupe était vraiment fantastique ...


Religionnaire  24/09/2011    avis

Si les fans de DT savent apprécier la bonne musique, et bien qu'ils en écoutent...


Justyl  24/09/2011    avis

Eh oui, n'en déplaise à certains, Dream Theater a des fans. Pas des fans aveugles (ou "endoctrinés") qui crient au génie à chacun de leur soubresaut mais des fans qui savent apprécier de la vraie bonne musique quand ils en écoutent.
On pourrait citer en exemple le début de "Lost Not Forgotten" avec son intro planante au piano clair qui embraye sur un délire clavier/guitare absolument irréel puis sur un riff en béton armé. Comment ne pas mentionner le fait que la basse, bien plus audible que par le passé, ajoute une dimension que les albums précédents n'avaient pas.
A Dramatic Turn Of Events, comme les autres, nécessite plusieurs écoutes (sans a priori si possible) afin que les harmonies et la cohérence des structures se révèlent à l'auditeur et que l'effet "gros bordel" se dissipe.
Bref, on aurait pu parler de musique dans cette chronique...


Tony  24/09/2011    avis

Je crois pas qu'il soit dit qu'il ne faut pas critiquer Dream Theater, ça aussi les rédacteurs aiment se cacher derrière cette interprétation.

Par contre, au enième article du genre sur le groupe, ça commence à tourner en rond, mais un article masturbatoire pour du metal masturbé, finalement ça se tient.


Religionnaire  24/09/2011    avis

Dans la tête d'un fan...
Dire du mal de son groupe est "hors sujet", ce qui laisse évidemment une grande marge de manœuvre pour critiquer...
Ensuite, juger la différence entre deux album de DT comme infinitésimale "prouve" que l'album n'a pas été écouté. Nous nous trouvons donc encore une fois dans la situation où seuls les adeptes ont vraiment écouté l'album, du moins écouté l'album "comme il le faut". C'est comme ces gens qui ne savent pas bien lire la bible...
Petite précision : le Religionnnaire n'est pas vraiment un professionnel de la critique musicale et admet donc manquer de professionalisme...



Justyl  23/09/2011    avis

J'ai l'impression que le chroniqueur a profité de la sortie d'un nouvel album par le groupe qu'il ne supporte pas pour étaler tout le mal qu'il pense dudit groupe. Article donc totalement hors-sujet pour moi où l'album est cité très sommairement, ce qui ne permet pas de se faire un avis objectif sur la musique. Quelle prétention dans la rédaction...
Un bon 7,5 pour ce nouvel opus et un 0 pointé pour cette chronique qui n'apporte rien.


marpat  23/09/2011    avis

article ridicule... le fait de ne trouver aucune différence (ou "infinitésimale") entre le nouvel album et le précédent prouve une chose : l'auteur n'a pas écouté l'album...

article totalement partial manquant totalement de professionnalisme... en un mot : inutile



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