2001, le Scorpions ne semble plus guère chargé en venin. Son dernier succès remonte à 1990 (11 ans déjà) et tout se casse la gueule. Face The Heat (1993) est trop Metal, Love Bites (1995) n’arrive pas à la cheville des quelques excellents lives du groupe déjà existant, Pure Instinct (1996) sent le rock mièvre (quoique contenant la magnifique You And I) et Eye II Eye (1999) est simplement merdique. Une décennie à oublier pour un groupe qui fait toujours salle comble, pourtant, grâce à son lot de tueries inoubliables, accouchés pendant les 20 ans d’âge d’or du combo d’Hanovre.
Nouveau Millénaire, nouvelle chance, les Allemands enregistrent et publient un Best Of symphonique contenant même des duos avec Ray Wilson et Zucchero. Là, on touche le fond. Scorpions pue et personne ne semble s’en apercevoir.
Non content d’avoir pollué une carrière quasi impeccable et, en dix ans, prouvé que ce groupe ne sert plus à rien, Scorpions s’engage dans une tournée nommé Acoustique partout dans le monde. Histoire de laisser une trace de ce nouveau coup de mou.
Enregistré au Portugal les 8, 9 et 10 Février 2001, Acoustica est médiocre par cette formidable série de mauvais choix, catégorie dans laquelle excelle désormais le combo.
Tout commence plutôt bien pourtant avec The Zoo, dont la version acoustique retranscrit plutôt bien la basse ronflante et les riffs brulants qui en ont fait un classique. Klaus Meine est très en voix et, alors que l’entrée en matière est idéale, Scorpions réalise l’exploit : Enchainer 6 ballades.
Ouais Always Somewhere tire les larmes avec facilité, ouais la reprise de Dust In The Wind (Kansas) est belle même en acoustique mais… Et là je dis mais : Qu’est ce que c’est que cette version torturée de Holiday ?! Jadis rayon de noirceur d’un groupe explosant sur la fin de ce titre asphyxié de perfection, la voilà réduit à un format classique de ballade molle. Triste sort, vraiment.
Heureusement que Catch The Train vient réveiller tout le monde parce que l’ennuie guette à cet instant. Très cabaret par l’utilisation outrancière d’un piano, elle a le mérite de mettre le feu un public présent par amour depuis le début mais qui commençait à avoir du mal à cacher son ennui. Et puis c’est de nouveau l’accident : Piano/voix/cœur pour un I Wanted To Cry (but The Tears Wouldn’t Come) pa-thé-tique. Wind Of Change tombe bien mal à ce moment de l’écoute, puisque l’auditeur, à bout de nerf, préférerait encore se faire du U2 plutôt qu’une nouvelle ballade du Scorp’. Reprise après ça : Love Of My Life de l’immortel Freddie Mercury sonnant comme un vibrant hommage à celui qui nous a quitté depuis dix ans déjà à cet instant. Force est d’avouer que l’interprétation est impeccable. Drive passe bien et Still Loving You nous ferait presque oublier que l’on s’est fait enfler depuis 13 titres déjà, s’il ne balançait pas son Stiiiill Loviiin Youuu au bout d’1m20 comme trop pressé pour faire de la qualité. Non mais on se fout de qui ?!
Le groupe tentera de se faire pardonner en balançant Hurricane (version 2001, après le version 2000 de Moment of Glory, moi je dis Arf !) histoire de faire enfin bouger le public (il aura fallu pas loin d’une heure, bravo les stars !) et on se prend vraiment à regretter le manque de prise de risque dont à fait preuve ce groupe pourtant pas limité question répertoire… Les classiques, les ballades et pis s’en va, si le but était de relancer la machine c’est raté. Désolé.
Le public le plus metal du groupe décide donc d’abandonner définitivement scorpions à son triste sort à cet instant précis. Le groupe se mord la queue, sans prendre garde au dard. Situation venimeuse…
Pourtant, 3 ans plus tard, Scorpions balance Unbreakable à la face du monde et reprend sa place de dieu du stade, c’est à n’y rien comprendre…
PS : Le fait que cet album soit le seul vestige d’une déception amoureuse passée y est peut être pour quelque chose dans le ton acerbe de ma chronique mais il n’empêche que tout fan du groupe (catégorie dans laquelle je me place) a de quoi être échaudé par le peu de changement, d’aventure et de risques proposé dans ce passable live acoustique.
PS2 : On ne peut pas nier non plus qu’il s’agit là d’une des meilleures galettes à passer pour faire l’amour (disons que In Flames ou Slayer ça en a effrayé plus d’une)
PS3 : L’équipe de Destination Rock s’excuse pour les PS pas toujours intéressants d’Iro22.
| Avis de la Team | |
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| Iro22 |  |
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