©Columbia

STYLE : Rock

DU MÊME ARTISTE :

 http://destination-rock.com/rockint/images/caravanserai.jpg








Santana - Abraxas - 1970

1Singing Winds, Crying Beasts
2Black Magic Woman / Gypsy Queen
3Oye Como Va
4Incident At Neshabur
5Se A Cabo
6Mother's Daughter
7Samba Pa Ti
8Hope You're Feeling Better
9El Nicoya
10Se A Cabo (bonus track)
11Toussaint L'Overture (bonus track)
12Black Magic Woman (bonus track)

      StarChild


23/03/2008    

1970 ABRAXAS … VISIONNAIRE…

Tandis que les palmes d’un ventilateur brassent l'air de sa chambre, Carlos est étendu là. Au dehors, la chaleur gagne, petit à petit, chaque coin d’ombre. Pas d’oiseaux dans le ciel. Juste quelques aboiements de chien pour troubler les rêves des enfants. Carlos est étendu là et revoie le moment où la foule lui rend au centuple le Soul Sacrifice qu’il vient de lui offrir en partage. En quête de reconnaissance après un premier album épicé de rythmiques rock, comme de percussions latines, Woodstock vient de le consacrer révélation et le guitariste se repasse le film en boucle… Fils de José, violoniste dans un groupe de mariachi, si Carlos puise ses racines dans la musique traditionnelle mexicaine, c’est surtout de rock, rhythm’n’blues et de couleurs afro-cubaine dont sa guitare s’est faite une spécialité. Aussi, lorsqu’il s’agit d’enregistrer son second album, s’il est toujours question de provoquer des rencontres entre jazz, blues, salsa et rock, d’épicer plus encore une formule qui a tant séduit, l’homme ne doute pas : il a déjà la foi.

Pour ainsi dire, à l’image de sa superbe pochette, Abraxas est un véritable jardin exotique dans lequel se côtoient blues, congas et fièvre latine. Et si, par rapport au premier album de celui qui se fera appeler Devadip - la lumière de la lampe de Dieu - d’’ici quelques années, la formule employée se veut en quelque sorte plus commerciale, les herbes sauvages qui le compose en font un disque pivot de la fusion des genres. Plus accessible au public, plus généreuse encore, la musique jouée ici n’est en fait qu’un prétexte. Le prétexte à un rapprochement entre les hommes, car Santana est avant tout un grand humaniste en termes d'échange, de partage, tant sur le plan humain qu’artistique. Plus que les mots, sensible à la détresse des plus humbles, de tous les oubliés d’un monde qui ne regarde plus derrière lui, c’est autant par le son, que grâce à son toucher de cordes incomparable que le guitariste exprime la portée spirituelle de ses sentiments. En fait, Abraxas ressemble à son auteur : c’est un voyageur du monde.

A l’intérieur de cet objet palpitant de vie, deux titres, deux reprises pour sceller un pacte. Tout d’abord, la métissée Black Magic Woman, chanson empruntée au répertoire de Fleetwood Mac, qui de bluesy devient latine en moins de temps qu’il n’en faut pour le croire. Puis, Oye Como Va, d’el rey del timbal, Tito Puente, qui en quelques accords se love en diva du rock a qui l’on aurait fait la promesse d’une étreinte sans limite. Néanmoins, limiter l’album à ces deux chansons serait réducteur, voire injuste, tant l’ensemble proposé s’affranchit de toutes les saveurs. Sensible sur Samba Pa Ti, annonciateur d’un jazz-rock qui se cherche encore sur Incident At Neshabur, Abraxas cultive autant la mémoire d’une certaine Afrique, qu’il se permet de donner au rock une leçon de savoir vivre. Varié, cherchant à nous amener à cet état de conscience universelle qui nous permet d’être là, tout en nous ouvrant à d’autres perceptions invisibles, cet album ressemble à une aventure à qui on aurait recommandé d’oublier les frontières entre les peuples.

Le ventilateur vient de s’arrêter. Carlos est là. Il sourit. Au dehors, le ciel ressemble à une mer inversée. Tandis qu’à ses côtés, une sorte de créature rouge et ailée semble l’observer, sur le mur, face à lui, se détache en ombres lascives le corps nu d’une femme noire, dont le sexe est masqué d’une colombe. Maintenant, il sait. Il sait qu’il a tout le temps pour traduire en musique de nouveaux décors à son envie de fraternité.


Avis de la Team
Religionnaire
StarChild
val

Les internautes ont la parole! : 4 message(s)    Laisser un message

Rockfan  28/12/2010    avis

Un album multiculturel qui représente bien le désir de rassembler dans la paix et l'amour chaque être humain de la terre qui est si caractéristique de cette période ou la contreculture hippie règne. Le mélange de rythmique latine mêlé à la guitare légendaire de Santana et à l'indispensable clavier de Gregg Rolie rendent cet album unique. De plus, Santana n'a pas perdu de sa fougue encore aujourd'hui pour l'avoir vu sur les plaines d'abraham à Québec l'été dernier!


HGBDC  08/07/2009    avis

Le maître Santana nous ouvre une fois de plus son monde, après son album éponyme où il nous montre tout son talent, il décide de nous y inviter. Un album déroutant, planant (mais peut être pas autant que le sera "Caravanserai")... Cette pochette, ces percussions, ces claviers nous dévoilent leurs charmes. Je conseille d'écouter "Black Magic Woman/Gypisy Queen" ou Oye Como Va" pour se faire une idée de l'album, de plus l'achat du disque est quasi obligatoire avec ses bonus au vu de "Toussaint l'Ouverture", certes présent sur l'album suivant mais qui dévoile sa beautée sur scène.


Cleminou  18/04/2008    avis

Fermez les yeux et vous êtes au Mexique. Album transportant par ses multiples influences. Je retiens particulièrement les pistes 2 5 et surtout 7.


Clash  09/09/2006    avis

Sans doute le meilleur de Santana, avec "Caravanserai" et le live (triple !) "Lotus". DIVIN !



Nombre de consultations
989

A Découvrir :













 http://destination-rock.com/rockint/images/lasttimearound.jpg














© Tous Droits Réservés - http://www.destination-rock.com ® 2011
Radio partenaire : http://www.lagrosseradio.com/     Nb de visites : rencontres     Compteur :