 ©LA-LA LAND RECORDS
STYLE : Classique/pop rock
DU MÊME ARTISTE :
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Carlo Siliotto - The Original Score from the motion picture THE PUNISHER - 2004
| 1 | The Punisher
| | 2 | Otto Krieg
| | 3 | Unusual Resurrection
| | 4 | Moving
| | 5 | I can't believe I'm home
| | 6 | His whole family
| | 7 | The massacre
| | 8 | Death and resurrection of Frank Castle
| | 9 | God's gonna sit this one out
| | 10 | Ice Lolly and meat
| | 11 | You're gonna help me
| | 12 | Entering the fort
| | 13 | About your family/Setting a trap
| | 14 | Bomb for John Saint
| | 15 | Good memories can save your life
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| 16 | The Thugs
| | 17 | The Torture
| | 18 | Elevator and Headache
| | 19 | A new family/Joan's suffering
| | 20 | Quentin's Glass home
| | 21 | Killing a best friend
| | 22 | You don't understand...End of a dark lady
| | 23 | She took the train/Punishment
| | 24 | The arrow
| | 25 | Both of them
| | 26 | The Skull
| | 27 | Castle's lonliness
| | 28 | Call me "The Punisher"
| | 29 | Jealous One
| | 30 | Donna E' Mobile (Rigoletto)
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Propos liminaires : comment se donner bonne conscience d’avoir écrit un machin pareil (On pourra aussi se passer de lire les intitulés)
Le Punisher (2004) mis en scène par Jonathan Hensleigh n’est pas une production qui fera date parmi la pléthore de héros de la Marvel ayant fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il s’agit là en effet d’un simple film d’action au budget pas exorbitant (comparé aux autres licences) mais qui est néanmoins à l’origine de deux albums de B.O. dont une devrait marquer les mémoires. Le premier, la B.O. classique, The Punisher (2004) regroupe principalement les différents titres du genre metal qui bastonne et tendent assez bien à camoufler « par du bruit la solitude des hommes en leur donnant à entendre ce qu'elle croit être de la musique » (Jacques Attali, Le Bonheur, la Vie, la Mort, Dieu) et ira donc directement, comme il se doit, à la poubelle !
La seconde B.O. éditée et intitulée The Original Score from the motion picture « The Punisher », music composed by Carlo Siliotto est quant à elle, l’objet d’une attention toute particulière. Kant disait : « la musique est la langue des émotions » et celle produite à l’occasion d’une B.O n’a pas de raison particulière de faire exception à cette idée (dès lors qu’il s’agit bien de musique), même lorsqu’il est question d’un film somme toute assez médiocre et ceci pour une raison très simple : il existe encore en ce bas monde des compositeurs de génie tels que le bien nommé Carlo Siliotto qui sont capables par leur travail, de transformer un film minable en chef d’œuvre.
Prolégomènes : La punition dans la peau (Non mais sérieux, les titres n’ont strictement aucun intérêt !)
Franck Castle alias The Punisher (Tom Jane), est l’archétype même de l’anti héros. Personnage sombre, profondément mélancolique et torturé, c’est une espèce de trou noir dans lequel s’engouffre une flopée d’émotions violentes. Créé par Gerry Conway et édité chez Marvel en 1974, le Punisher n’est pas sans rappeler un certain Popeye Doyle (Gene Hackman, French Connexion, 1971) sorti trois années plus tôt au cinéma. Une espèce d’ambigüité colle à la peau de ces deux personnages : sont-ils des justiciers ? Sont-ils autre chose ? Car à bien y regarder, le Punisher, tout comme Popey Dole, ne rendent pas la justice : ni l’un ni l’autre ne sont des « gentils ». Le nom que se donne Franck Castle est d’ailleurs révélateur : « Punisher », celui qui punit. Ceci, Franck nous l’explique au chapitre trois de son best seller le « Punisher pour les nuls » : « Dans certaines situations extrêmes, la loi est inadaptée. Pour pallier cette inadaptation, il est nécessaire d'agir en-dehors de la loi pour appliquer une justice naturelle. » Et ne pas oublier que « ce n'est pas une vengeance. Vouloir prendre sa revanche n'est pas un mobile valable. C'est une réponse passionnelle. Non ! Ce n'est pas une vengeance : c'est une punition ». Le ton est donné !
1ère Partie : Violences émotions, choucroute… (C’est pour faire joli j’vous dis !)
Jonathan Hensleigh a choisi de mettre en scène le traumatisme émotionnel à l’origine de la rupture psychologique dans l’esprit de Frank Castle et qui va donner naissance au Punisher. On y voit donc Franck Castle à travers ses missions au FBI dont la dernière déclenchera la fureur du clan Howard Saints (John Travolta), le massacre de la famille de Frank, de sa femme, de son gosse ; on y voit son retour à la vie, les relations avec son nouveau « clan » (dixit Dave (Ben Foster)), la traque de Howard Saints et de ses hommes de main... Le metal U.S. a été généreusement mis à contribution pour stigmatiser une violence omniprésente. Mais créer l’émotion, celle qui véritablement donne la substance même du personnage, l’émotion avec un grand « E », alors là… On entre dans un tout autre domaine. Le défit qui devait être relevé par Carlo Siliotto justement, était de donner une vie musicale à ce marasme émotionnel. Et cette mission, notre italien va s’en acquitter haut la main en élaborant des thèmes musicaux aux structures relativement simples, qu’il va décliner de plusieurs façons tout au long du film, traduisant tantôt des moments plutôt intimistes, tantôt exacerbant les passions les plus puissantes. Y sont mêlés de façon discrète, des sonorités modernes telles que la guitare électrique (« Entering the fort ») auxquels s’ajoutent presque toujours des effets (très discrets) de programmations.
2ème partie : Qui s’intercale très malicieusement entre la 1ère et la 3ème (Vous aviez été prévenus pourtant ! J’étais bourré !)
Le thème composé pour le personnage du Punisher est la clef de voûte de cet édifice musical : mélancolique, intimiste et sombre au détour d’un solo de violoncelle, d’une ligne de piano ou de saxo ; puissant et sublime lorsque s’embrase le crâne (“The skull”), magnifié par l’orchestre et les envolées lyriques. Le medley final “Call me The Punisher” associe le thème principal du Punisher aux autres thèmes développés pour les autres personnages, et permet ainsi de découvrir l’identité musicale définitive de notre anti héros.
Parce que ces thèmes véhiculent la vraie dimension émotive du film, parce que la beauté des lignes mélodiques nous fascine et nous transporte, la musique de Carlo Siliotto opère un complet renversement de situation : la mise en scène du film passe au second plan. En dehors de certains personnages pour lesquels les acteurs ont un réel feeling, comme Rebecca Romijn-Stamos, Ben Foster ou encore Laura Harring, l’ensemble des personnages du film vivent moins par la mise en scène du film que par leurs transcriptions musicales. Car notre compositeur romain ne s’est pas contenté de créer une simple ambiance sonore. Il confère à chacun des personnages, une identité musicale propre, une personnalité mélodique remarquablement belle, puissante et sublime. Ce genre d’exploit fait que l’on apprécie vraiment le talent d’un tel compositeur, particulièrement lorsque celui-ci met en partition de façon superbe et terrible, une scène de carnage aussi épouvantable que le massacre de la famille de Franck Castle (“The massacre”).
3ème Partie : Les thèmes à tiques (Mouah ah ah ah ! Encore lu! Mentez pas, j’vous ai vu !)
Les thèmes élaborés par Carlo Siliotto pour les autres personnages sont très très loin de laisser indifférents : c’est tout bonnement impossible de passer à côté de tant de subtilité, tout particulièrement en ce qui concerne la trame musicale qui accompagne les femmes proches de Franck Castle (notamment Maria sa femme, jouée par Laura Harring) ainsi que tous les passages qui évoqueraient le retour de Frank dans un foyer paisible et tranquille, (« I can’t believe I’m home », « About your family »). Un rêve un phantasme pour lui, à tout jamais inaccessible : ce n’est pas le film qui nous le dit, c’est la musique ! On pense aussi à Joan (Rebecca Romijn-Stamos), « A new family/Joan’s suffering », cette même Joan, qui va apprendre à Franck comment conserver une attache avec ce monde (“Good memories can save your life”) et qui sans aucun doute aurait pu faire beaucoup plus pour lui. Mais « Franck Castle est mort. Il est mort avec le reste de sa famille » (Chapitre deux du « Punisher pour les nuls »). En fait, les seconds rôles tiennent une place essentielle dans le monde du Punisher et les thèmes qui leurs sont dédiés exacerbent franchement cette présence au point d’occulter parfois le personnage principal.
Les contrastes extrêmes entre la personnalité du compositeur et les sentiments que les personnages de ce film lui inspirent, aussi médiocres, pathétiques, aussi noirs et aussi pourris puissent-t-ils être, ont fait naître ces superbes instants de mélodies. « La musique est la langue des émotions » : je ne crois pas que la dimension émotionnelle, limite passionnelle, que revêtent ainsi ces grands thèmes composés par Carlo Siliotto pour ce film minable, contredirait cela. On peut d’ailleurs se demander si nous n’avons pas là, bien plus qu’une simple B.O. car en nous transmettant ainsi un très beau moment d’intimité musicale, Carlo Siliotto ne nous révèle-t-il pas, l’amour mais aussi la fascination qu’ont pu exercer sur lui, les personnages de l’univers du Punisher ? Ce qui nous ferait peut-être dire au demeurant, que ce film ne serait pas si minable que ça !
Parce qu’il faut bien en finir un jour… (Les thèmes à tiques… Mouah ah ah : j’en rigole encore !)
Notons enfin que l’album se finit par deux titres auxquels aurait mérité d’être adjoint un troisième. Il s’agit d’une part de la superbe ballade pop rock Jealous One interprétée par J.C. Loader, sur laquelle Quentin Glass (le bras droit sadique de Howard Saints joué par Will Patton) fait danser, la belle et terrible Livia Saint (Samantha Mathis), cette superbe salope qui va exiger de son mari le massacre de la famille de Franck Castle. Le lien vous permet également d’avoir un aperçu de chacun des titres de cette fabuleuse B.O. . D’autre part on retrouve « La Donna E’Mobile » de Verdi extraite du Rigoletto pendant lequel Dave (Ben Foster) et Mr. Bumpo (joué par l’humoriste américain John Pinette) font les débiles alors que Franck danse un ballet endiablé avec le Russe (Kevin Nash). Car même dans les pires moments de la vie de Franck Castle, certaines choses peuvent parfois prêter à sourire.
Le troisième titre qui aurait mérité de figurer sur cet album est la superbe ballade acoustique country-rock In Time écrite et interprétée par Mark Collie alias le tueur à gage Harry Heck. Ce titre est d’ailleurs disponible sur la première B.O. du Punisher (à merde je l’ai flanquée à la poubelle ! Pas grave : myspace est ton ami !)
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