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STYLE : Southern Rock

DU MÊME ARTISTE :

Point Blank - Point Blank - 1976

1Free Man
2Moving
3Wandering
4Bad Bees
5That's The Law
6Lone Star Fool
7Distance
8In This World

      Iro22


17/01/2008    

Dans la grande catégorie du Southern Rock, instauré par les Allman Brothers dès 1969 et porté à nu pendant deux décennies par les Lynyrd Skynyrd, Molly Hatchet, Blackfoot et autre ZZ top, puis revenus dans les nineties sous la forme plus métallique de groupes Hardcore tels que Eyehategod ou Down, l’histoire n’a pas retenu Point Blank, quintet sacrifié sur l’autel de la réussite sous prétexte de malchance et de choix pas toujours heureux. Privés de cette célébrité, qu’ils aurait pourtant largement mérité, nos gaillards se séparent à l’aube des 80’s, après quelques incursions FM des plus pitoyables. Ils nous légueront tout de mêmes trois excellents albums entre 1976 et 1979 (Point Blank, Second Season et Hairplay) Après 25 ans de silence, début 2007, le groupe sort un live via un label français (Dixiefrog) Reloaded et relance la machine. Deux dates seront même faites en France (dont une à Disneyland) et le combo, heureux de voir qu’il n’a pas été totalement oublié, décide de s’atteler à un nouvel album, prévu pour 2008.

N’y allons pas par quatre chemins, Second Season est l’album le mieux vendu, le mieux accueilli, le mieux apprécié de Point Blank. En France, le magasine Band Of Dixie Magazine le place 6ème meilleur album de rock sudiste de tout les temps, tandis que le premier et éponyme album se place 11ème. C’est pourtant, selon la légende, lors d’une même session d’enregistrement (qui n’aurait pas duré plus d’une journée, selon ces mêmes mythes) qu’ont été mis en boite les deux opus. En tout cas, en 1976 ce sont biens ces 8 titres blues, tendus et électriques qui inonde les oreilles avertis, jusqu’à propulser cette bande de Redneck, mené par Rusty Burns, impressionnant guitariste gaucher (qui fut un temps roadie des ZZ top) en haut de l’affiche. Tout est là : John O’Daniel - fils de violoniste country, habitué des clubs de Houston - à la voix d’or, le petit et teigneux bassiste Philip Petty, compensant par une hargne sans pareil les dizaines de centimètres qu’il a oublié de prendre lors de sa prime jeunesse, mais également Burns, à la technique slide hors pair (que Bill Ham manager des ZZ Top considère comme un des tout meilleurs guitaristes américains) et Kim Davis, son acolyte, plus rythmique (ancien croiseur de manche avec un certain Stevie Ray Vaughan) qui placera sa voix quand besoin s’en ressent. Et enfin, Peter Gruen bien sûr, le batteur bûcheron qui ne quitta jamais le navire.

Produit par Bill Ham himself, l’éponyme Point Blank (ce qui signifie à bout portant) s’ouvre sur l’incroyable Free Man, au riff massif et à la Slide incandescente, portant la voix superbe de O’Daniel avant une accélération dantesque (et un solo mes aïeux) laissant loin derrière bon nombre de groupes s’étant essayés à cet exercice de style. Le reste de l’album oscille entre blues surchargé (Bad Bees, Lone Star Fool, That’s The Law) ou rock graisseux (Movin, Wandering, In This World) avec, en point d’orgue, une délicieuse ballade au feeling terrifiant, Distance, dans laquelle la guitare déchirée de Rusty Burns lâche des notes en réponse aux plaintes d’un O’Daniel plus qu’émouvant.

1976, alors que le groupe vient de passer deux ans à tourner, sans avoir d’albums à promouvoir, principalement en première partie du Marshall Tucker Band, sort enfin Point Blank, rageur et incroyablement blues. Voilà le groupe prêt à en découdre (ce qu’ils firent avec 310 dates en 365 jours, ce qui en fait encore à l’heure actuelle le recordman mondial, inscrit noir sur blanc dans le Guinness Book des records) avalant l’asphalte pour colporter leur rock dans toutes les contrées. Cependant, Point Blank est en marche pour une gloire qui n’arrivera jamais, puisque le rêve se crachera le 20 octobre 1977 dans un marais de Louisiane, lorsque Lynyrd Skynyrd, groupe qui les avait engagé pour faire leur première partie pour leur nouvelle tournée mondiale, s’y écrasera, causant la mort du chanteur R. Van Zant et du guitariste Steve Gaines. L’histoire fera des auteurs de Sweet Home Alabama, des martyrs, des stars immortelles et laissera choir Point Blank qui ne pourra que remercier le ciel de n’avoir pas emprunté le même avion que le Skynyrd. Sans date, dans l’ombre de la bande à Van Zant, passée à la postérité par le biais d’un coup du destin, le groupe tentera tout ce qu’il pourra pour sortir la tête de l’eau. Malheureusement, avec l’arrivée des 80, plus glamour que Cow Boy, Point Blank repartira de là où il vient, laissant à la postérité une poignée d’albums flamboyants.


Avis de la Team
Iro22
PinkZeppelin

Les internautes ont la parole! : 2 message(s)    Laisser un message

Pink Zeppelin  13/05/2010    avis

Free Man est un monument du rock sudiste, et du rock en général !


françois legoy  12/09/2008    avis

Pour ce groupe comme pour la grande majorité des autres, la production des années 70 a été bien meilleure que celle des années 80 qui étaient lourdingues.
je suis heureux que ce groupe se reforme.



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