FFF ... Funk For Fun
Furious Five Frogs, Fédération Française de Funk, ou un truchement astucieux truffé de f**k, cela n’a que peu d’ importance. Car quand déboule cet opus au cœur de l’été 91, FFF n’est pas encore très connu dans l’hexagone et chacun ira de son interprétation sur l’énigmatique intitulé du groupe.
Et concernant l’interprétation, quelle surprise ! Si le rock français a parfois eu du mal à soutenir la comparaison avec son pendant international angliciste , là ce n’est pas le cas tant on se croirait immergé au cœur d’une production sortie de la Big Apple !
Immersion confirmée sur New York dès le premier titre « New Funk Generation » ! La barre est placée à hauteur d’un building et la production confiée à Bill Laswell en personne, apporte la crédibilité nécessaire à confirmer que ce groupe déborde d’une énergie hors- norme.
Exit la funk sucrée du top 50 estampillé L’ophelie d’Hiver, welcome le groove sexué à la sauce Parliament et l’extravagance endiablée d’un Fishbone !!
Le single « Marco » lancé en éclaireur, va permettre aux Fistons Farouches du Finistère de se faire connaître plus largement et asseoir leur image de joyeux allumés de la Funk musclée version française. Belle équipe de musiciens, tous pointus dans leurs interventions ( en 1ère ligne Krichou le batteur-parfois chanteur qui apporte la touche afro à la musique d’FFF, mais aussi Yarol subtile tricoteur de riffs ou les basses veloutées de Niktub) et cette envie palpable de séduire les rockers comme les habituées de dancing floors.
Comme tout premier album, on devine derrière l’urgence, un certain manque d’unité et l’inégalité qualitative est palpable sur certains morceaux qui font un peu office de remplissage (« Devil in me » peu marquant).
Néanmoins, l’amusante « Complainte du plombier » (les amateusr de voluptes cannabiques apprécieront) et surtout la reprise révérencieuse du « Requiem pour un con » sont de belles réussites qui récupèrent les faux-pas d’un « Doctor love » commun et bien dispensable. Assurément, notre fumeur de gitanes aurait salué ces jeunes dégingandés pour leur interprétation honnête et toute personnelle de sa tête de chou.
Haute énergie, Fresh Funky Fist sans crier gare, ce premier album annonçait l’amorce d’une fusée « kouroussée », aimantée vers l’envie d’apporter du plaisir direct, sans concession et redoutable, tant le niveau musical est énorme pour un premier album.
O(b)pus très bien tiré pour une première salve.
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