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STYLE : Metal Progressif

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Tool - 10,000 Days - 2006

1Vicarious
2Jambi
3Wings For Marie (Pt 1)
410,000 Days (Wings Pt 2)
5The Pot
6Lipan Conjuring
7Lost Keys (Blame Hofmann)
8Rosetta Stoned
9Intension
10Right In Two
11Viginti Tres

      KlOwN


03/08/2006    

Dans la carrière de chaque groupe arrive un moment où il y a le faux pas, l’album raté ou moins bon que les autres et qui laisse dans la bouche des fans un goût amer. Comme on aime à le dire l’erreur est humaine, mais chaque règle a son exception et Tool en fait indiscutablement partie !

En plus de quatorze ans de carrière, le groupe a su imposer une vision viscérale et sans concession de la musique à tel point que le groupe ne vit réellement que pour et par elle. Effectivement, ils nous prouvent que les artistes avec un grand « A » existent encore car dans un milieu où l’image et le nombre de ventes l’emportent souvent sur la musique en elle-même ils font office de moutons noirs ne pouvant rester dans le troupeau. Ils ne se préoccupent pas du tout de ce que prévoit les maisons de disques, ils font un album quand il est prêt à venir (4 albums en plus de quatorze ans quand même !) et disparaissent de la circulation une fois la stricte promo faite.

Cela faisait donc cinq ans que l’on attendait le successeur de La Te Ra Lus et l’annonce de la sortie imminente du nouvel album a rendu fébrile les trois millions de fans que compte le groupe (pas mal pour un groupe qui ne communique qu’à travers sa musique !). Je dois avouer que moi-même le jour de la sortie je me trouvais dans un état second qui me poussa à ne pas déjeuner et à utiliser ma pause du midi pour courir chez mon dealer d’euphorisants musicaux le plus proche et pouvoir acquérir l’objet en question. Une fois chose faite, mon enfer commença car je ne pus me contenter que d’admirer le (sublime) packaging de l’album avant de pouvoir l’écouter le soir une fois le taf fini… Cette attente fut comblée le soir venu quand je pus m’immerger dans ce nouvel album…

Mais avant de parler de l’album en lui-même, il faut s’attarder sur la pochette qui prouve une fois de plus que le groupe ne fait rien comme les autres. Faite en carton et contenant deux lentilles, nous avons le droit à un livre dont les scènes prennent de la profondeur grâce auxdites lentilles (au pris d’un certain effort il est vrai mais ça le vaut !). C’est un bien bel objet qui atteste du goût prononcé du groupe pour l’art.

Qu’en est-il exactement de ce successeur à l’excellent La Te Ra Lus? Et bien après de nombreuses écoutes intensives (ce qui est toujours nécessaire avec ce groupe pour bien cerner la musique) un seul mot vient à l’esprit : ENORME ! Effectivement, l’anxiété due à l’écoute d’un nouvel album (la qualité du précédent induit à chaque fois la question « comment mieux faire ? ») est vite, comme à chaque fois, effacée devant la qualité de ce nouvel opus. Dès les premières notes, nul doute n’est possible c’est du pur Tool. L’envoûtant riff de Vicarious nous entraîne d’emblée dans l’univers si particulier du groupe. Mais comme à chaque fois on croit savoir où va le groupe et on se prend de plein fouet un riff massif dont ils ont le secret et ensuite la voix habitée de Mr Keenan… un break surpuissant plus loin on ne peut qu’être admiratif par la maîtrise, la justesse et la finesse de la composition. A peine remis de nos émotions l’explosif Jambi déboule et dévaste tout sur son passage avec un énorme riff et une rythmique écrasante mais maîtrisée avec brio et cette voix… Comme le bon vin, Tool se bonifie avec l’âge, les nuances se font plus précises et plus subtiles. Le groupe ayant plus d’un tour dans son sac il emmène l’auditeur sur des fausses pistes et après deux morceaux puissants et directs laisse tranquillement couler la douce et sombre mélodie de Wings For Marie (Part 1) et 10,000 Days (Wings Part 2) ces deux segments s’incorporant pour ne former qu’un, la deuxième étant plus progressive que la première : pendant onze minutes la pression et la tension montent sur fond d’orage… bouleversant ! Toutes les chansons sont excellentes et sur les 75’45 minutes il n’y a aucun remplissage. On peut aussi noter Lipan Conjuring rite de conjuration de l’esprit de la Terre interprété par un véritable Indien d’Amérique.

Comme tout album de Tool, il contient son lot de surprises, de messages codés et d’énigmes (telle l’interlude Lost Keys (blame Hoffmann) où une infirmière et un docteur discute sur une musique lancinante qui embraie sur un Rosetta Stoned qui semble être la suite de faaip de oiad de La Te Ra Lus ). Un des faits marquants de cet album est le retour à un son plus rock, plus direct et surtout plus violent. La musique du groupe retrouve le côté agressif et sans concession des débuts tout en conservant le côté atmosphérique de l’opus précédent. Les chansons sont toujours aussi tortueuses avec ces breaks et changements de tempos caractéristiques. Les compositions sont vraiment maîtrisées d’un bout à l’autre, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que le groupe rentre en studio généralement avec des morceaux finalisés à 95% et qu’ils enregistrent seuls leurs albums. Le son de l’album est d’ailleurs lui aussi énorme tout en étant très propre reflet de l’exigence des musiciens envers leur oeuvre. Les moindres détails sont travaillés et retravaillés pour donner le meilleur résultat possible.

Les lyrics sont eux aussi très travaillés et assez énigmatiques (ce qui est habituel chez JM Keenan) et évidemment sombres. Il ne mâche pas ces mots en tout cas, sur Vicarious qui pointe du doigt les médias diffusant des scènes de violences réelles (fait divers, meurtres…) comme il annoncerait autre chose et les téléspectateurs qui sont friands de ce type d’information et qui développent peu à peu une addiction à ces d’images surtout quand ils peuvent s’en abreuver en étant loin et en sécurité (un peu le principe de l’accident sur l’autoroute où tout le monde essaie de voir le plus possible). Mais au-delà des mots et des significations, sa voix en dit déjà long et est un formidable outil pour faire passer des émotions. Son chant est vraiment extraordinaire et par moment méconnaissable (The Pot).

Musicalement c’est une fois de plus du très lourd : basse énorme, batterie vraiment épatante et guitare inspirée (et qui s’essaie ici, avec bonheur, à la Talk Box sur Jambi). Comme à leur habitude les musiciens marient à la perfection calme et rage, ils sont aussi à l’aise dans un comme dans l’autre de ses deux registres et passe allégrement de l’un à l’autre sans que cela ne choque jamais. De plus, ils maitrisent leurs instruments et nous offrent des compositions intelligentes et loin des standards habituels (délaissant souvent le sempiternel schéma couplet/refrain.)

Il y a tellement de choses à dire sur cet album, tellement de sones d’ombre à éclairer, de choses à découvrir et interpréter… Même s’il est plus direct, il faut quand même un certain temps pour rentrer complètement dans ce nouvel opus mais une fois que c’est fait c’est un vrai bonheur. Tool nous prouve une nouvelle fois à quel point ils sont talentueux et imaginatifs et qu’il faut peut-être attendre longtemps mais quand les nouvelles compos sont là, l’attente parait justifiée. Un album dense, riche, puissant, énigmatique… la liste serait longue pour tous les qualificatifs qu’on peut lui attribuer. Je me contenterais de résumé de la sorte : un grand album pour un grand groupe.


Avis de la Team
Deadkal
DocSavage
KlOwN
Religionnaire
StarChild
Ulyssangus

Les internautes ont la parole! : 4 message(s)    Laisser un message

lateralus  31/05/2011    avis

Le plus beau et le plus prodigieux des groupes de métal signe une nouvelle fois une musique sombre et intense, et toujours avec plus de majesté. Un talent d'écriture et un son emblématique : voilà comment Tool s'est imposé au fil des ans sur la scène internationale, un des trop rares groupes géniaux d'aujourd'hui. Led Zeppelin et King Crimson peuvent définitivement leur laisser une place de choix. Album indispensable, 10,000 days restera l'album de l'année 2006 ; un édifice grandiose, un tourbillons d'idées glaciales mais envoutantes.


raymond  04/03/2011    avis

Un album absolument extraordinaire, sublime, inoubliable. Chaque morceau est une claque, qu'ils soient planants, rapides, agressifs... La voix de Maynard James Keenan est incontestablement la plus belle voix du métal, même quand il s'agit de hurler dans le micro ; c'est l'émotion qui prime ! Ma plus grande passion avec le sport, c'est bien entendu la musique rock, et en particulier la musique de Tool !
J'espère qu'ils donneront suite à ce masterpiece en cette année 2011 !...


henrisoto  27/11/2009    avis

Tool est très particulier car entre la sortie des disques, on oublie pas le groupe comme cela peut attiver chez certains 3 ou 4 ans après une sortie d'album : on en entend plus jamais parler.
C'est là que l'on voit ceux qui resterons plus tard dans les classiques et ceux qui seront oubliés. Et pas néecessairement les plus commerciaux, contrairement à ce que certain immatures peuvent penser.


le_duff  30/04/2009    avis

Il leur faut 5 années en moyenne pour pondre un nouvel objet non identifié. ça s'entend et ça nous laisse le temps de comprendre le nouvel objet... Autant je considérais les deux précédents albums contenant des morceaux cultes avec du remplissage autour antant celui-là me parle du début à la fin... Vicarious et Rosetta Stoned resteront comme 2 bijoux précieux à jamais... Comment vont-ils réussir à faire mieux?



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